— Publié le 25 juin 2026

JO 2036, bourse pour les athlètes, programme olympique... Le récap' de la 146e Session du CIO

Institutions Focus

Photo : IOC/Chris Ricco.

Un an après la passation entre Thomas Bach et Kirsty Coventry, la 146e Session du CIO a matérialisé une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la vision de la présidente. Le processus Fit for the Future était au centre des discussions mercredi et jeudi, à Lausanne, et des bases claires ont été posées dans l’optique d’assurer la pertinence et la pérennité du Mouvement olympique, tel qu’imaginé par Kirsty Coventry.

Trois ans pour déterminer l’hôte des JO 2036

Mercredi, la Session s’est ouverte par un moment d’hommage à Ung Chang, Sir Craig Reeedie et Raja Randhir Singh, décédés au cours du premier semestre. Kirsty Coventry a ensuite introduit les différentes présentations en soulignant « la qualité des idées qui ont émergé » ces derniers mois, mais aussi « l’ouverture et l’honnêteté » de l’ensemble des acteurs du Mouvement olympique dans ces échanges. La présidente du CIO a rappelé sa vision : « Un Mouvement qui écoute, qui embarque les gens, qui place les athlètes au centre et qui est suffisamment confiant pour évoluer. Nous ne sommes pas forcément toujours d’accord, mais ce qui compte, c’est ce que nous continuons d’avancer ensemble pour le meilleur intérêt de notre Mouvement. »

Premier enseignement majeur : comme annoncé par Kyodo News, le pays hôte des Jeux olympiques et paralympiques 2036 sera élu en 2029. Un calendrier précis a été présenté. En mars 2027, un premier écrémage sera fait parmi les candidats et une partie d’entre eux accèdera à la phase de « dialogue stratégique », au cours de laquelle ils devront fournir des garanties financières et optimiser leurs projets. Fin 2028, la commission exécutive du CIO entamera un dialogue ciblé avec des hôtes pressentis à partir des recommandations de la commission de futur hôte. Un vote aura ensuite lieu mi-2029 lors de la Session du CIO. Les membres retrouveront ainsi une place plus centrale dans le processus de désignation. Le CIO a d’ailleurs assuré que « des échanges réguliers » auront lieu pour associer l’ensemble du Mouvement olympique.

10 000 dollars pour chaque Olympien

Pour élaborer le programme olympique, la Session a approuvé une nouvelle méthodologie, plus flexible, qui se basera sur les disciplines. Au cours des mois à venir, elles seront toutes évaluées selon leur attrait mondial, leur coût et leur complexité opérationnelle, ainsi que la représentation des athlètes. Pour éviter l’inflation, une limite a été fixée : le COJOP pourra proposer jusqu’à quatre disciplines supplémentaires pour les JO d’été, et deux pour les JO d’hiver. Cette méthodologie sera appliquée à partir des Jeux de Brisbane 2032.

« Nous devons essayer de mettre en place des choses qui nous rendent meilleurs, justifie Coventry. Les FI nous ont apporté leur soutien dans ce processus. Nous voulons faire ça avec elles, nous voulons échanger avec chaque FI. Il n’y a pas forcément besoin de discuter de certaines disciplines, mais il y en a d’autres dont nous devons parler. Cette collaboration, ces discussions honnêtes, pour moi, c’est très important. Nous essayons de faire ça avec tout le monde. Tout le monde ne sera pas content, mais je pense que chacun reconnaît qu’il faut mener ce processus. »

Autre annonce majeure, alors que le débat sur une rémunération des Olympiens a animé les dernières semaines : le CIO va mettre en place une bourse de 10.000 dollars pour tous les Olympiens. Ceux qui ont participé aux Jeux d’hiver de Milan-Cortina seront les premiers à en bénéficier. Un fonds de 140 millions de dollars va ainsi voir le jour. « Je suis très fier d’avoir pu partager cette grande nouvelle. Maintenant, nous avons une opportunité d’avoir un plus grand impact, a commenté Pau Gasol, président de la Commission des athlètes. Il s’agit ici de mettre en avant le parcours et l’engagement nécessaires pour devenir un Olympien. Ils seront tous éligibles, et ils décideront s’ils veulent demander la bourse, pour l’utiliser comme ils le veulent. Sinon, ils peuvent ne pas en faire la demande, et cette somme sera reversée dans le fond et cela bénéficiera à de futurs Olympiens. » Les premiers versement sont attendus en 2027.

Jeudi matin, la Session a aussi validé l’intégration du ski-alpinisme au programme des Jeux d’hiver 2030. Avant le vote, Edgar Grospiron (président du COJOP), Vincent Roberti (directeur général), Mathilde Meurisse (directrice des sports) et Emily Harrop (double médaillée à Milan-Cortina) ont tour à tour pris la parole pour défendre la proposition d’avoir le sprint, le relais mixte et l’individuelle. Ce sont « trois formats complémentaires, qui ne racontent pas la même histoire du ski-alpinisme, souligne Mathilde Meurisse. Le sprint, c’est l’intensité, une épreuve courte, spectaculaire et très lisible. Le relais mixte, c’est l’esprit d’équipe, avec une dimension paritaire forte. L’individuelle, c’est l’endurance, la technicité, la gestion d’effort, le dénivelé, l’altitude, la montagne dans ce qu’elle a de plus exigeant. C’est pour ça que nous y tenons. » Et Emily Harrop de conclure son intervention en disant : « Merci de croire en nous. »