— Publié le 12 mai 2026

La LDLC Arena, « le choix le plus sobre et le plus raisonné » pour le hockey sur glace ?

Alpes françaises 2030 Focus

Un aperçu de la LDLC Arena en configuration olympique.

Où se joueront les matchs de hockey sur glace masculin en 2030 ? Le comité d’organisation des Alpes françaises 2030 a quelques semaines pour trouver une solution de repli suite à la défaillance du projet niçois. L’option lyonnaise a rapidement émergé, pour des raisons géographiques évidentes, mais aussi parce que la LDLC Arena accueillera déjà le Championnat du monde de hockey sur glace en 2028. Alexandre Aulas, président de ThrillStage (la société d’exploitation de la LDLC Arena), et Xavier Pierrot, directeur général délégué de l’enceinte, exposent leurs arguments à Francs Jeux.


Quand avez-vous commencé à penser aux JO d’hiver ?

Xavier Pierrot : Quand les Jeux ont été attribués, le 24 juillet 2024. Dès ce moment, on s’est dit why not.

Alexandre Aulas : On avait senti qu’il pouvait y avoir une difficulté organisationnelle du côté de Nice compte tenu du projet et des contraintes de temps. Assez rapidement, on s’est positionné comme un acteur qui pouvait intervenir en cas de problème. On a respecté les calendriers donnés et les enjeux sur le territoire de Nice. On s’est toujours dit que, s’il devait y avoir un problème un jour, nous répondrions pour essayer de proposer une solution.

Quels échanges avez-vous avec le COJOP ?

XP : Officiellement, nous avons des échanges depuis une dizaine de jours. Après, cela fait des mois qu’on échange puisqu’ils sont voisins, quelques escaliers en dessous de nos bureaux (le COJOP est installé à Décines-Charpieu, ndlr). On a toujours dit qu’on ne comprenait pas le choix d’aller à l’Allianz Riviera. On nous a dit que c’était des choix politiques, on a respecté les élus des deux régions et les engagements pris au départ. Vous ne nous avez pas entendu dans les médias, mais on a bien fait savoir qu’on ne comprenait pas que pour des Jeux qui veulent être très développement durable, économiquement responsables, le hockey puisse se dérouler dans un stade. On a toujours dit qu’on était un plan B très pertinent, et surtout efficace.

AA : Il a fallu qu’on se mobilise pour répondre à ce dossier de candidature, assez lourd à mettre en place. On est très heureux d’avoir réussi à se mobiliser sur un temps aussi court pour répondre de manière, je pense, très qualitative, ce qui démontre toute notre volonté de nous impliquer.

Il a été annoncé qu’il y aurait environ 8.300 places à la LDLC Arena pour le Championnat du monde de hockey en 2028. C’est correct ?

XP : Ce n’est pas encore arrêté. Ils sont encore en train de travailler autour des tailles de patinoires, il existe des différences entre l’Amérique du Nord et le reste du monde. En fonction de la taille, la jauge peut varier. On a aussi travaillé ces derniers temps sur des extensions, avec des possibilités de rajouts de sièges, permanents ou temporaires. On essaie d’optimiser la jauge pour être, en jauge nette, au-dessus de ce que vous dîtes de quelques centaines de places. En jauge brute, dans le dossier de candidature, on est à plus de 11.000 places. Pour les JO, on connaît la taille de la patinoire, elle fait quatre mètres de moins en largeur, ce qui nous permet d’augmenter le nombre de places.

AA : La jauge brute, c’est le nombre de places disponibles, et en fonction de ce que l’organisateur retient comme choix d’organisation, il est à même d’enlever certaines places, comme des places de tribune de presse.

XP : Ce n’est pas de notre ressort donc on ne peut pas communiquer sur une jauge nette. Cela dépend de l’organisateur, s’il ajoute des caméras ou autre chose qui fait perdre des places. Pour 2028, on espère être plutôt entre 9 et 10.000 net qu’autour des 8 500.

Ce n’est pas un peu léger, dans le sens où il y a un énorme enjeu de revenus pour le COJOP autour du hockey sur glace ?

AA : Non, je ne pense pas. Le calendrier des charges qui nous a été transmis vient du COJOP, ce n’est pas nous qui avons imposé cette jauge de 10.000 places brut minimum. On arrive, nous, avec une solution à 11.126 brut à ce stade. On voit que la billetterie du hockey est l’une des plus importantes, voire la plus importante, des JO, mais ce n’est qu’une composante. Avoir une salle pleine, belle, qui fait briller le hockey international, c’est une solution qui a beaucoup de valeur pour tout le monde.

XP : Si vous prenez le budget qui était prévu pour couvrir l’Allianz Riviera par rapport aux recettes billetterie, je pense que le coût de mise en place de la patinoire ponctuelle était supérieur aux recettes générées. On fait quatre fois moins de frais en venant à la LDLC Arena qu’en allant à l’Allianz Riviera, ça va forcément optimiser le résultat net de la billetterie si on prend en compte les charges.

Paris présente une offre avec plus de sièges à l’Accor Arena. Vous ne craignez pas d’en pâtir ?

AA : Je ne connais pas les détails exacts de leur offre, mais ce que je sais, c’est qu’on parle des JO Alpes 2030. Ils doivent rester dans les régions qui ont candidaté. Pour moi, Paris, ce n’est pas logique. Ce n’est pas pour rien que le COJOP s’est installé deux étages plus bas, c’était cohérent par rapport à l’emplacement des autres sites. Notre solution présente une jauge importante, une cohérence, et on peut produire de belles images – on le voit avec le basket ou même le catch quand la WWE est venue. On apporte aussi quelque chose qui est peut-être un peu mis de côté, mais qui ne devrait pas l’être : l’impact environnemental. On est probablement la salle la plus vertueuse en matière d’écologie en Europe. Si, demain, on souhaite avoir les Jeux les plus sobres, financièrement et écologiquement, on est une solution évidente.

XP : On est en géothermie, on a des panneaux photovoltaïques (qui produisent 41% de la consommation totale du site), la récupération des eaux pluviales (1,2 million de litres récupérés en 2024-2025), le respect de la biodiversité (avec des zones de nidification intégrées)… Tout ça a été mis en place dès la conception et la construction. On espère que ça comptera aussi dans le bilan global. Il ne faut pas voir que le bilan financier.

Combien ça coûterait au COJOP de s’offrir les services de la LDLC Arena ?

AA : On a fait notre offre au COJOP, mais à ce stade nous n’avons pas le droit de communiquer les éléments pour des sujets évidents de compétition.

Il n’y aurait pas de problème avec l’Asvel, qui a l’habitude d’utiliser la salle ?

AA : Il y a une volonté totale de l’ensemble de acteurs du territoire de s’impliquer : les partis politiques, la ville, la métropole, la région… Il y a une motivation aussi des acteurs économiques, dont l’Asvel fait partie. L’Asvel joue la plupart de ses matchs de Betclic Elite à l’Astroballe, et on saura avoir leur appui. Tout le territoire souhaite avoir les Jeux ici. Ce qui nous est demandé à ce stade, c’est un blocage de trois mois. Ça peut être affiné. J’étais avec Gaëtan Müller (président délégué du club) encore vendredi et à ma connaissance, il n’y a pas de sujet.

D’autres rendez-vous sont-ils prévus avec le COJOP dans les prochains jours ?

AA : Ils sont venus visiter le site avec une équipe technique et opérationnelle mercredi 6 mai. Aujourd’hui, on attend d’avoir des retours et de répondre aux questions du COJOP, qui vont arriver à la suite de cette première analyse de notre candidature. On va démontrer à tout le monde que la LDLC Arena est le choix le plus sobre, de toutes les manières, le plus raisonné, qui permettra aussi la fête des Jeux.

XP : À date, des visites techniques ont été faites par des gens qui connaissent très bien la salle. Certains l’ont conçue en partie, du temps où ils travaillaient à l’Olympique lyonnais. Il y a un environnement positif. Il y a aussi des gens du COJOP qui viennent de temps en temps à la salle pour prendre du bon temps et vivre des émotions. On espère qu’il y aura une cohérence globale. Tout le monde est revenu de Milan en disant que les sites étaient vraiment loin les uns des autres. Aujourd’hui, vous allez de Lyon à Briançon en trois heures. Il n’y a pas de cohérence d’aller à Paris. Les noms des deux régions sont parlants : Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes. L’Île-de-France, ce n’est pas les Alpes. On parle beaucoup de décentralisation, on sort de Jeux olympiques très réussis à Paris, et deux régions ont candidaté au nom de la France pour accueillir les Jeux d’hiver 2030. On espère que cette cohérence sera maintenue jusqu’au bout.