— Publié le 31 mai 2026

Nice sur le banc de touche, le sentiment d'un immense gâchis

Alpes françaises 2030 Focus

Les Alpes françaises ont obtenu l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 avec un plan clair : les épreuves de neige en Auvergne-Rhône-Alpes, les épreuves de glace en Provence-Alpes-Côte d’Azur. La promesse initiale ne pourra finalement pas être tenue, au grand dam du COJOP, qui a acté de manière quasi définitive la disparition de Nice de la carte des sites vendredi soir. Une défaite pour toutes les parties prenantes.

L’intérêt sportif et la qualité du projet en priorités

Le projet de transformer l’Allianz Riviera pour accueillir le hockey sur glace a été balayé par l’élection d’Eric Ciotti à la mairie de Nice en mars. Des alternatives ont été étudiées, sans donner satisfaction. « Les solutions proposées n’étaient pas envisageables. Ce n’était pas du niveau du tournoi qu’on va présenter », avait taclé Luc Tardif dans les colonnes de L’Equipe. Le président de la Fédération internationale de hockey sur glace rêvait « de jouer dans le stade (l’Allianz Riviera) devant 18.000 personnes ». Eric Ciotti s’est cependant montré inflexible.

Le CIO et les fédérations internationales ayant demandé « de maintenir un pôle glace unifié », Nice va donc tout perdre : le hockey féminin, mais aussi le curling, le short-track et le patinage artistique. « L’approche du COJOP n’est dictée, dans cette situation qu’elle subit, que par l’intérêt sportif et la qualité du projet olympique et paralympique qu’il doit livrer », précise le communiqué publié vendredi soir.

Le COJOP « frustré » de cette issue

« Le regroupement de l’ensemble des épreuves de glace dans la métropole de Lyon apparaît aujourd’hui comme la solution à même de répondre à cette situation » selon le COJOP, qui attend encore des analyses techniques et budgétaires approfondies pour valider son choix. Les deux régions hôtes ont porté le projet sur un principe d’équité, auquel il faudra renoncer. La région Sud ne disparaît pas de la carte puisque le pôle du Briançonnais est toujours d’actualité, avec des épreuves à Montgenèvre et Serre-Chevalier, mais la balance penche désormais largement du côté de la région AURA.

« Cette évolution conduit à modifier de manière significative le concept initial porté par Alpes 2030, fondé sur un équilibre territorial et un héritage structurant pour les sports de glace. Le COJOP et l’ensemble des parties prenantes le regrettent profondément et le mouvement sportif exprime sa frustration qu’il n’y ait vraisemblablement plus d’équipement pérenne issu des Jeux pour les sports de glace à Nice », poursuit le communiqué. Un mal nécessaire compte tenu du timing. Eric Ciotti ne l’avait pas vu venir, lui qui assurait encore, jeudi, que la ville participait « avec sérieux et esprit de responsabilité aux discussions engagées autour de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 ».

« C’est une immense tristesse, face à ce qui est un immense gâchis, a réagi le président de la région Sud, Renaud Muselier, à l’AFP. J’ai fait de ma région une région olympique. Mais oui, je suis abattu. Je suis abattu mais combatif, heureux mais désespéré. J’ai envie de pleurer, de joie et de rage. Et maintenant, je mets le paquet sur Briançon. Ce qu’on va y faire sera exceptionnel. Le village olympique du Fort des Têtes sera exceptionnel. Il y aura aussi du sport additionnel sur le pôle briançonnais » Alors que Kirsty Coventry a récemment renouvelé son objectif de réduire la complexité des Jeux, notamment en matière de sites de compétition, tout regrouper sonnait comme une issue inévitable. Nice a laissé passer sa chance. Et pas sûr qu’elle se représente.