Le para hockey sur glace présente une particularité majeure aux Jeux paralympiques : les équipes peuvent être mixtes. Dans les faits, les femmes restent rares. Avant Milan-Cortina, seules trois hockeyeuses avaient pris part aux Jeux paralympiques : Britt Mjaasund Oeyen (Norvège), Lena Schroeder (Norvège) et Yu Jing (Chine). Cette année, elles seront deux : la Japonaise Akari Fukunishi (35 ans), qui a déjà pu jouer lors du week-end, et la Slovaque Michaela Hozakova (23 ans), qui attend son moment. L’occasion de gagner en visibilité et de marquer les esprits.
Le rêve d’un tournoi 100% féminin aux Jeux
Akari Fukunishi et Michaela Hozakova ont participé à la toute première édition des Championnats du monde féminins de para hockey sur glace, en août dernier, en Slovaquie… et sous le même maillot. La Japonaise et la Slovaque ont en effet intégré une équipe un peu spéciale : la Team World, composée de joueuses qui n’ont pas leur propre équipe nationale. Quatorze hockeyeuses venant d’Allemagne, de Tchéquie, de Slovaquie, de Suède, de Lettonie, de Finlande, de France, du Japon et de Corée du Sud ont fait équipe pour ce tournoi. Elles n’ont pas fait le poids face au Canada (0-10), mais ont tenu la dragée haute à la Grande-Bretagne (2-1). Elles ont fini sur une bonne note en dominant l’Australie pour la cinquième place (9-0).
Ce tournoi constituait « un game changer pour l’avenir de notre sport » selon la directrice principale de World Para Ice Hockey, Michelle Laflamme, dans la perspective « d’accroître la participation des femmes au para-hockey sur glace à l’échelle mondiale et de demander l’inclusion d’une épreuve féminine dans le programme des futurs Jeux paralympiques d’hiver. » Car c’est bien ce qui se joue à moyen terme : faire grandir le para hockey sur glace féminin de manière à ce qu’il atteigne un niveau de développement suffisant pour exister par lui-même, et sans se greffer aux hommes, aux Jeux paralympiques.
Former des ambassadrices
En 2023, World Para Ice Hockey a reçu un prix de l’IPC pour les efforts engagés afin d’augmenter la participation féminine. « Il est très important pour le Mouvement paralympique d’avoir une forte représentation féminine, et l’évolution du para-hockey sur glace féminin témoigne du pouvoir transformateur et inclusif du para sport », se félicitait Andrew Parsons l’an passé, en espérant « voir de plus en plus de nations rejoindre le para-hockey sur glace féminin dans un avenir proche ».
Pour y parvenir, en plus de s’appuyer sur la visibilité de figures comme Akari Fukunishi et Michaela Hozakova, un stage de développement aura lieu début juin en Finlande, au centre d’entraînement olympique Vierumäki, sous la supervision de World Para Ice Hockey. Le but : accueillir jusqu’à 30 hockeyeuses du monde entier pour « former davantage de pays et d’athlètes féminines à travers le monde », dixit l’Américaine Monica Quimby, membre de l’équipe championne du monde l’été dernier. Au menu : patinage, maniement de la crosse, tactique ou encore nutrition pour donner des outils aux hockeyeuses.
« Il s’agit d’identifier les talents émergents et de les motiver à créer leurs propres équipes de para-hockey sur glace. Nous ne nous contentons pas de développer le para-hockey sur glace féminin, nous élargissons notre communauté à l’échelle mondiale et formons les prochaines femmes leaders de notre sport », affirme Monica Quimby, certaine d’une chose : « Nous sommes sur la voie des Jeux paralympiques. »

