— Publié le 6 juillet 2026

Des leçons en matière d'expérience athlètes et spectateurs

Milan-Cortina 2026 Focus

Photo : CIO.

Le rapport final du CIO sur les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 est désormais en ligne. On y trouve des chiffres, évidemment. Plus de 5,4 millions de spectateurs et de visiteurs ont été enregistrés entre les sites de compétition (1,3 million), les Fan Villages (600 000) et le relais de la flamme (3,5 millions). Un indicateur de succès populaire. L’intérêt était partagé dans le monde entier puisque ces Jeux ont été suivis par environ 2,6 milliards de personnes. La présidente du CIO, Kirsty Coventry, souligne que cette édition a touché et mobilisé « des publics du monde entier d’une manière sans précédent ». Le rapport met aussi en exergue un certain nombre d’enseignements pour l’avenir des Jeux.

La Medals Plaza manque à tout le monde

Kristin Kloster, présidente de la commission de coordination du CIO, a pris la parole sur le sujet lors de la Session fin juin. « Les Jeux de Milan-Cortina 2026 ont démontré qu’un modèle décentralisé – s’étendant sur plusieurs régions, sites et collectivités – est non seulement viable, mais qu’il permet également d’organiser une édition réussie des Jeux olympiques d’hiver. Cela a montré que ce sont les Jeux qui s’adaptent au pays hôte, et non l’inverse. Il s’agit là d’un changement fondamental, qui élargit le champ des possibles pour l’organisation des futurs Jeux olympiques d’hiver », assure-t-elle. Les autorités de New York et Lake Placid l’ont confirmé : le modèle italien est une référence pour une possible candidature future.

« Milan-Cortina 2026 a démontré qu’un modèle disséminé— avec des épreuves se déroulant sur plusieurs sites plutôt que dans une seule ville hôte — constitue une approche viable pour les futurs organisateurs, qui tient compte des réalités des sports d’hiver et permet de mener à bien des Jeux couronnés de succès. En s’appuyant sur les infrastructures existantes et les capacités locales pour l’organisation des Jeux, ce modèle reflète une évolution plus large selon laquelle ce sont les Jeux qui doivent de plus en plus s’adapter à la ville hôte, et non l’inverse », pointe le rapport.

Des améliorations peuvent néanmoins être apportées. « Malgré des appréciations globalement positives concernant l’expérience, l’hébergement et la restauration, les athlètes logés dans des hôtels dédiés à une seule discipline ont fait état d’un niveau de satisfaction moindre quant à leur expérience globale au Village olympique : environ 53 % de satisfaction pour les sites dédiés à une seule discipline, contre 74 % pour ceux hébergés dans les villages plus grands et plus traditionnels », lit-on au fil des pages. Plusieurs biathlètes ont exprimé le sentiment de vivre des Championnats du monde plutôt que des JO. Un problème quand on sait que le CIO a martelé que l’expérience des athlètes était la priorité absolue.

Le rapport préconise d’identifier des moyens permettant de connecter les athlètes à l’ensemble des Jeux, via les cérémonies et les célébrations des médailles, par exemple. « Dans un modèle décentralisé, une attention particulière doit être portée à la conception conjointe des services aux athlètes, des villages olympiques et des expériences de célébration afin de garantir que les athlètes de tous les sites bénéficient à la fois d’un soutien équitable et d’un sentiment partagé d’appartenance à une seule et même édition des Jeux olympiques d’hiver. » Dans cette perspective, « la Medals Plaza devrait être envisagée comme une plateforme clé pour renforcer les liens entre les athlètes et les autres parties prenantes », souligne le rapport. Le COJOP des Alpes 2030 en est déjà conscient puisqu’il a répété sa volonté de renouer avec ce moment de célébration et de communion.

Mieux informer le public, et plus tôt

Autre défi posé par des Jeux disséminés : l’expérience spectateurs. « 85 % des détenteurs de billets ont qualifié leur expérience de « bonne » ou « excellente », ce qui témoigne clairement de la qualité de l’organisation et de l’ambiance qui régnait dans les différentes régions hôtes. » En revanche, l’analyse post-JO montre des expériences inégales en matière d’engagement des spectateurs. « Des éléments tels que les villages des supporters et la programmation sur place ont souvent été élaborés tardivement ou édulcorés » selon le rapport.

De plus, « les informations disponibles lors de l’achat des billets ne donnaient pas toujours une image complète des temps de trajet, des possibilités d’hébergement et des conditions générales du voyage. Les sites situés dans des régions montagneuses isolées disposaient souvent de services et d’activités d’accompagnement limités, ce qui a eu une incidence sur la durée et la qualité des séjours des spectateurs. » Le document recommande de concevoir « un parcours intégré pour les spectateurs », englobant l’hébergement, les transports, l’accès aux sites, les services et les activités destinées aux supporters. Il rappelle aussi l’importance de fournir suffisamment tôt des informations claires sur les déplacements et l’hébergement afin d’aider les spectateurs à prendre leurs décisions avant l’achat de leurs billets.