— Publié le 23 février 2022

Avant les Jeux de la Jeunesse, Dakar s’offre un nouveau stade

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L’événement peut sembler encore lointain. Quatre ans et quelques mois. Plus d’une olympiade. Mais les Jeux de la Jeunesse 2026 à Dakar, au Sénégal, ont ajouté mardi 22 février une nouvelle pièce à leur dispositif. Elle est d’importance.

Le Sénégal s’est doté d’un stade de 50 000 places, inauguré en grande pompe dans la ville de Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de Dakar. La soirée s’est donnée les allures d’un événement national, et même un peu mieux que cela. Pour preuve la présence dans la tribune officielle, aux côtés du président Macky Sall, de six chefs d’Etat, venus de Turquie (Recep Tayyip Erdogan), du Rwanda (Paul Kagamé), du Libéria (George Weah), d’Allemagne (Frank-Walter Steinmeier), de la Guinée-Bissau (Umaru Sissoco Embalo), et de la Gambie (Adama Barrow).

Autres invités de marque : le président de la FIFA, Gianni Infantino, et le président de la Confédération africaine de football (CAF), le Sud-Africain Patrice Motsepe.

Le nouveau stade sénégalais, le premier répondant aux standards internationaux, a été construit en un an et demi par deux entreprises turques. Coût annoncé : 156 milliards de francs CFA, soit 238 millions d’euros.

L’enceinte porte le nom de l’ancien président sénégalais, Abdoulaye Wade. “Un hommage à son parcours multidimentionnel, intellectuel et panafricaniste“, a suggéré l’actuel chef de l’Etat, Macky Sall, pendant la cérémonie d’inauguration.

Le nouveau stade est le deuxième plus grand édifice sportif du pays, après le stade Léopold Sédar Senghor de Dakar, d’une capacité de 60 000 places, dont la construction remonte à l’année 1985. Mais il est surtout le seul homologué par les instances internationales du football. La CAF a en effet retiré en mai 2021 son homologation au stade Lat Dior, situé dans la région de Thiès, à environ 70 km de Dakar.

En plus d’un terrain principal, le stade Abdoulaye Wade doit héberger un musée du football baptisé en mémoire de l’ancien joueur de l’équipe nationale sénégalaise, Papa Bouba Diop, décédé en novembre 2020.

Très tendance : le stade est également doté d’une centrale solaire indépendante, d’une puissance annoncée de deux mégawats. Assez pour le rendre quasiment autonome en électricité, selon les autorités sénégalaises.  La ville de Diamniadio est reliée à Dakar par un nouveau train régional, mis en service en décembre dernier.

Dans un avenir proche, l’enceinte doit se tourner vers le football. Normal. Le Sénégal a remporté en début d’année la dernière édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Il pointe au premier rang du classement FIFA pour le continent africain. Au programme des prochaines semaines, une première grande rencontre entre le Sénégal et l’Egypte, le 29 mars, pour les barrages de la Coupe du Monde 2022.

Mais sa destinée sera aussi olympique. Macky Sall l’a expliqué sans s’interdire un certain lyrisme, mardi 22 février : “Cette belle infrastructure dédiée à la jeunesse est une invite à poursuivre notre chemin vers l’excellence“.

En tête de liste des priorités du président sénégalais : les Jeux de la Jeunesse 2026 à Dakar, premier rendez-vous olympique de l’histoire sur le continent africain. Le pays en avait obtenu l’organisation pour 2022. Elle a été repoussée de quatre ans en raison de la crise sanitaire.

A en croire Mbaye Jacques Diop, conseiller en communication du ministère des Sports, cité par l’AFP, le Sénégal entend se positionner dans les années à venir comme un pièce maitresse du développement du sport en Afrique. Une stratégie qui devrait encore renforcer l’accueil en 2026 des JOJ d’été. Son nouveau stade s’inscrit dans la démarche de faire de Dakar “un hub sportif” à l’échelle du contient. Il permettra aussi d’éviter que des matches soient délocalisés jusqu’en Asie.