— Publié le 28 août 2020

Pour les Jeux en 2032, l’Allemagne en passera par un référendum

Candidatures Focus

Curieuse campagne olympique. Pas encore officiellement lancée, la course aux Jeux d’été en 2032 semble déjà boitiller et manquer de souffle. Les candidats étaient censés se présenter en nombre, mais le paysage apparait aujourd’hui flou et incertain.

Dernier exemple en date : l’Allemagne. Le pays de Thomas Bach prépare depuis longtemps un dossier aux contours encore inédits dans l’histoire olympique. Une candidature régionale, construite autour de la zone urbaine du Rhin-Rhur, l’une des plus importantes au monde avec ses 10 millions d’âmes.

Sur le papier, le dossier présente plutôt bien. Il prévoit de répartir les Jeux d’été en 2032 dans 14 villes de la région ouest de l’Allemagne, dont Cologne, Düsseldorf, Duisbourg ou encore Dortmund. Avec un tel potentiel d’installations et d’équipements sportifs déjà existants, les Allemands pourraient écraser la concurrence sur la question devenue cruciale du coût de l’événement. Ils n’auraient quasiment rien à construire.

Seul ennui, mais de taille : les porteurs du projet veulent obtenir le feu vert de la population avant de se lancer plus formellement dans l’aventure. Ils l’ont annoncé jeudi 27 août à l’occasion d’une conférence de presse : un référendum sera organisé sur le projet olympique.

Michael Mronz, l’un des meneurs de la campagne Rhin-Rhur 2032, l’explique : « Il serait logique d’organiser notre référendum dès l’an prochain, ou au plus tard au début de l’année 2022. Nous allons en discuter dans les semaines à venir avec les responsable politiques du Land. »

Référendum. Associé à l’adjectif olympique, le mot est souvent synonyme de point final à une candidature. L’Allemagne n’y fait pas exception. Ses deux dernières tentatives de ramener les Jeux au pays ont été stoppées net par une consultation populaire. Munich 2018 pour l’hiver, puis Hambourg 2024 pour l’été, ont fermé boutique après le non des citoyens.

A ce stade du processus, il est encore trop tôt pour estimer les chances du projet porté par la région Rhin-Rhur d’inverser la tendance. Mais la crise sanitaire, ses effets économiques et l’incertitude sur la tenue des Jeux de Tokyo, constituent déjà autant d’arguments pour les partisans du non. Ils sont nombreux en Allemagne, et souvent très organisés.

Mais les porteurs du projet y croient. Michael Mronz l’a expliqué jeudi 27 août : la population devra se prononcer sur une initiative entièrement privée, et non pas sur une candidature portée par le mouvement olympique allemand.

A ses yeux, la nuance pourrait faire toute la différence. « Cela présente un immense avantage, soutient-il. Les citoyens n’auront pas à se prononcer sur une politique sportive, ou sur une politique tout court, mais sur un projet concret de conception des Jeux. »

A douze ans de l’événement, la course aux Jeux d’été en 2032 affiche un casting de postulants assez riche pour rassurer le CIO. Le Qatar a rejoint le mois dernier une liste où se pressaient déjà l’Australie, l’Inde, l’Indonésie, l’Allemagne et les deux Corée. Costaud.

Mais la crise sanitaire a contraint les autorités australiennes à mettre en pause le projet du Queensland, présenté comme le plus avancé. En Indonésie, le pouvoir politique se fait aujourd’hui très silencieux sur ses ambitions, visiblement refroidi lui aussi par les effets de la pandémie. L’Inde n’a toujours pas choisi où poser la base de sa candidature. Quant aux deux Corée, leurs chances sont trop directement liées à l’évolution de leurs relations pour se risquer à prédire l’avenir.