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— Publié le 26 juin 2020

A Tokyo, un été à plus de trois milliards

Événements Focus

Saisissant contraste. Les prochaines semaines auraient dû être dominées par le sport et ses athlètes dans la capitale japonaise. Elles auraient dû être olympiques. Mais, crise sanitaire oblige, les organisateurs des Jeux de Tokyo se préparent à les passer le nez dans les chiffres. Avec une priorité : convaincre les sponsors de ne pas abandonner le navire. Et même, allez, de leur accorder une rallonge.

Masa Takaya, le porte-parole du comité d’organisation des Jeux de Tokyo, l’a reconnu cette semaine à l’occasion d’une conférence de presse en ligne : les discussions avec les partenaires privés sur le prolongement de leur contrat au-delà du 31 décembre 2020 n’ont pas encore débuté. Elles doivent commencer à partir du début du mois de juillet.

L’exercice s’annonce long et fastidieux. Par le nombre, d’abord. Avant la pandémie de coronavirus, les Japonais de Tokyo 2020 avaient fait voler en éclats tous les records en marketing olympique. Leur programme de partenariat national recense actuellement 67 entreprises privées. Il atteindrait la somme pharaonique de 3,3 milliards de dollars. A lui seul, le sponsoring contribue pour environ 60 % du total des recettes du comité d’organisation.

Les réunions s’annoncent nombreuses. Elles pourraient également s’avérer souvent délicates. Selon une enquête réalisée plus tôt dans le mois par la chaîne de télévision NHK, les deux tiers des partenaires nationaux des Jeux de Tokyo n’ont pas encore fermement décidé s’ils prolongeraient leur contrat au-delà de la fin de l’année.

Masa Takaya l’explique : « Nous avons prévu de discuter avec les uns et les autres pour modifier les clauses et les détails des accords déjà signés. »

En toute logique, le gros des troupes devrait rester à bord. Abandonner l’aventure à moins d’une année des Jeux aurait peu de sens pour une entreprise japonaise ayant déjà investi dans l’opération. En revanche, il n’est pas acquis que les organisateurs des Jeux parviennent dans tous les cas à obtenir, en parallèle au prolongement du contrat, une hausse de son montant.

Selon le quotidien japonais Asahi, le comité d’organisation a déjà établi sa ligne de conduite : il demandera une rallonge à chacun de ses partenaires en échange d’un contrat étendu jusqu’à la fin de l’année 2021. Avec un surcoût du report des Jeux estimé entre 2 et 6 milliards de dollars, les Japonais n’ont pas d’autre choix.

Mais toujours selon Asahi, citant des sources anonymes, le discours pourrait avoir du mal à passer. L’économie japonaise est durement frappée par la pandémie de COVID-19. Les patrons subissent actuellement une forte pression. « Les discussions pourraient devenir difficiles », anticipe le quotidien. Plusieurs partenaires nationaux des Jeux de Tokyo auraient déjà pris la décision d’accepter éventuellement une rallonge en prestations ou en marchandises, mais en aucun cas en argent.

Les organisateurs semblent s’y attendre. Masa Takaya l’a reconnu cette semaine : « Nous faisons actuellement tout notre possible pour rechercher d’autres entreprises partenaires potentielles. » A Tokyo, l’été s’annonce délicat.