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— Publié le 25 août 2017

2016, une année historique pour la lutte antidopage

Institutions Focus

Faut-il s’en réjouir? Pas sûr. Mais les faits sont là: l’année 2016 a marqué un “tournant”, pas moins, dans la lutte contre le dopage dans le sport. L’expression n’est pas une invention journalistique, elle est suggérée par l’Agence mondiale antidopage, autorité suprême du dossier.

Un tournant, donc. Les experts de l’AMA en sont arrivés à cette historique conclusion en mettant le point final à leur rapport annuel. La version 2016 a été publiée jeudi 24 août 2017. Il est disponible seulement en anglais, uniquement en format numérique, “conformément à nos efforts en matière de développement durable”, précise l’institution basée à Montréal. La version française sera proposée dans les prochaines semaines.

Analyse de Craig Reedie, le président de l’AMA: “Les résultats des enquêtes indépendantes de l’AMA et les mesures prises par l’Agence et ses partenaires ont fait de la lutte contre le dopage un enjeu très public. Rétrospectivement, nous pensons toutefois que l’année 2016 sera perçue comme un tournant dans la lutte contre le dopage et comme une année qui a renforcé la conviction de nos partenaires qu’une AMA forte et indépendante est essentielle à la réalisation des ambitions des sportifs.”

Difficile, en effet, de faire abstraction du dopage et de son contingent de victimes au souvenir d’une année olympique où les tricheurs ont souvent été plus médiatisés que les vainqueurs. Débutée avec la révélation du contrôle positif au  meldonium de la Russe Maria Sharapova, l’année 2016 s’est poursuivie avec le rapport accablant pondu par Dick Pound sur la situation de l’athlétisme. Avant de connaître un nouveau sommet historique avec un deuxième rapport, nommé McLaren, tout entier dédié au dopage d’état dans le sport russe.

“Le scandale du dopage en Russie a été l’un des événements les plus déstabilisants dans l’histoire récente du sport”, suggère l’AMA. Pas faux.

Les détails, maintenant. Ils laissent perplexes. Dans son rapport, l’AMA pointe du doigt un chantier toujours plus vaste, des missions sans cesse plus complexes et nombreuses… mais des moyens peu en rapport avec la tâche à accomplir. Son budget s’élève à 28,3 millions de dollars, une somme apportée à parts égales par les contributions du secteur public et du CIO. Mais l’organisation précise: son budget “a connu une faible hausse au cours des cinq dernières années (de 2012 à 2016), avec un taux d’augmentation moyen de 1,4 % par année”.

Au rayon chiffres, l’AMA révèle que 328 086 échantillons ont été analysés en 2016 par les laboratoires bénéficiant de son accréditation, soit un recul de 0,1% par rapport à 2015. Les prélèvements d’échantillons sanguins ont progressé de 9,8% (23 253) par rapport à 2015. Parmi tous ces contrôles, 161 456 ont été effectués hors compétition, soit une hausse de 4,1%.

Les tricheurs? A la hausse, eux aussi. Mais, cette fois, l’inflation est à deux chiffres. En 2016, le nombre d’échantillons faisant état d’un résultat d’analyse anormal a connu une progression de 26,4%. Ouf. Leur nombre a atteint 4 814, contre 3 809 l’année précédente. Une vertigineuse augmentation provoquée en partie, mais en partie seulement, par l’ajout du meldonium sur la liste des produits interdits, en date du 1er janvier 2016. Le médicament a fait tomber 497 athlètes de haut niveau au cours des 12 mois de l’année olympique.

Pour le reste, l’AMA veut retenir de son année 2016 un ensemble de mesures destinées à assainir le sport et protéger les athlètes propres. Citons, en tête de liste, la création d’une unité d’investigation et de renseignement, composée notamment de deux enquêteurs et deux analystes des données, ou encore le renforcement de la sécurité informatique du système de localisation, le désormais illustre ADAMS.