— Publié le 2 juin 2016

Pour 2026, la Suisse se donne l’embarras du choix

Candidatures Focus

Est-ce un effet Lausanne 2020? Allez savoir. Mais une chose est sûre: la Suisse ne renvoie plus aux oubliettes ses vieux rêves olympiques. Pas moins de cinq groupes ont officiellement inscrit, mercredi 1er juin, leur projet au processus de nomination initié par Swiss Olympic, le comité national olympique, pour une candidature aux Jeux d’hiver de 2026. Cinq projets, pas un de moins. Quatre de trop, donc. Eloquent et révélateur d’un nouvel élan au pays du CIO.

Une date butoir avait été fixée aux postulants pour déposer un dossier en bonne et due forme. Au 31 mai 2016, au douzième coup de minuit, Swiss Olympic a pu compter devant sa porte des projets aux visions et appellations très diverses, reflets d’un pays où le multilinguisme se porte comme une seconde peau. “The Swiss Made Winter Games” a été déposé par diverses régions de Suisse occidentale. “Olympische Winterspiele 2026 Graubünden und Partner” est issu des Grisons et régions partenaires. “Zentralschweiz 2026” vient de la Suisse centrale. Enfin, “Switzerland 2026” et “2026 – Games for our future” constituent deux projets dits supra-régionaux.

Commentaire du (très heureux) président de Swiss Olympic, Jörg Schild: “C’est avec une grande satisfaction que nous constatons que le processus que nous avons initié attire des projets qui sont déjà, dès le départ, de qualité. Nous allons maintenant travailler tous ensemble à les affiner et les renforcer afin de construire bien plus qu’une simple candidature, mais un vrai projet national pour le futur de notre pays. Swiss Olympic souhaite à nouveau présenter une candidature pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver pour deux raisons principales. Premièrement, la donne a changé : le CIO a une nouvelle approche aux candidatures, bien plus flexible, et nous savons qu’il est possible à présent d’équilibrer un budget de fonctionnement des Jeux sans faire appel à des fonds publics. Deuxièmement, l’industrie des sports d’hiver dans notre pays et toute l’économie qui en dépend ont aujourd’hui un fort besoin de revitalisation. Il n’existe pas un meilleur vecteur pour une telle revitalisation que les Jeux Olympiques. A Swiss Olympic, nous voulons jouer le rôle qui est le nôtre et contribuer à améliorer notre futur au travers du sport.”

La suite de la route s’annonce longue et pas forcément de tout repos. Les représentants des cinq projets prendront part ensemble, à partir du 15 juin et jusqu’en octobre 2016, à une série de quatre séminaires. Une succession de réunions destinées à étudier dans le détail “les conditions cadres qui contribueront à construire une candidature suisse de grande qualité, non seulement pour la Suisse, mais également pour le sport et le mouvement olympique en général.”

Il restera ensuite à Swiss Olympic à trancher dans le vif: éliminer quatre dossiers pour en conserver un seul, jugé le plus apte à défier la concurrence (Suède, Japon, peut-être Etats-Unis…). Et, surtout, au projet désigné à survivre à l’obstacle jamais sans danger des “votations” dont la Suisse s’est fait une spécialité.