— Publié le 20 janvier 2016

A Rio, les Jeux ne font pas le plein

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A chaque semaine son orage pour le comité d’organisation des Jeux de Rio 2016. Après la pollution de la baie, les coupes sombres dans le budget, le retard au vélodrome ou encore l’absence de climatisation au village des athlètes, la mauvaise nouvelle du moment touche à un dossier décisif des prochains Jeux d’été: la billetterie. On l’imaginait à l’abri de la polémique. “Les Jeux seront une fête populaire”, répétaient les Brésiliens. Sans doute. Mais, à moins de 200 jours de l’ouverture, les ventes stagnent et les chiffres inquiètent.

Mario Andrada, le porte-parole du comité d’organisation, n’en fait plus mystère: les ventes des tickets pour les Jeux sont aujourd’hui “décevantes”. L’équipe de Rio 2016 avait orienté une partie importante de son effort de promotion de l’événement vers le public brésilien. Pas moins de 4,5 millions de billets leur avaient été réservés, dont certains à des tarifs très préférentiels, destinés notamment aux revenus les plus faibles et aux jeunes. Au dernier pointage, seulement la moitié de ces tickets a trouvé preneurs. “Mais les billets pour les meilleures sessions sont rapidement partis”, nuance Mario Andrada. Mince consolation.

En cause, la crise économique. Les organisateurs en brandissent les effets comme un étendard, certains d’y voir la première raison à ce semi-échec de la billetterie des Jeux. Avec une inflation à deux chiffres et un chômage en hausse, le Brésil traverse des temps agités. Une récession difficile à imaginer, au moins dans ces proportions, lorsque le CIO avait choisi Rio pour organiser les Jeux de 2016. A l’époque, en septembre 2009, le Brésil pointait fièrement en tête de cortège des pays émergents.

Selon nos infirmations, les ventes ne seraient pas seulement décevantes au Brésil. A l’étranger également, les agences accréditées pour la commercialisation des billets olympiques seraient encore en-dessous de leurs objectifs.

La situation se révèle encore plus inquiétante pour les Jeux paralympiques. Mario Andrada l’explique avec une grimace: “Nous sommes inquiets. Nous allons devoir éduquer le public et faire une grosse promotion. Les gens ne savent pas vraiment que le Brésil sera en course pour une place dans le top 5 des nations au classement des médailles. Pour beaucoup d’entre eux, le sport paralympique reste un peu choquant”. Seulement 300 000 billets ont été vendus au Brésil pour les Jeux paralympiques. Le comité d’organisation en a réservé 3 millions pour le marché national.

Conséquence directe: une nouvelle vague de réduction des dépenses. Les organisateurs ont renoncé à construire une tribune flottante de 4 000 places le long du bassin d’aviron et de canoë-kayak, dans la lagune de Rio de Janeiro. Ils ont également prévu de réduire la capacité d’accueil du stade de beach volley sur la plage de Copacabana. Le nombre de véhicules officiels sera réduit, pour passer de 5 500 à 4 000. Les équipements les moins visibles seront revus à la baisse, comme par exemple les bureaux et les zones de repos destinés aux employés du comité d’organisation.

Preuve la plus spectaculaire de l’ampleur de la crise: l’équipe de Rio 2016 annonce vouloir trancher dans les effectifs des volontaires. Ils devaient être 70 000 à prêter main-forte à l’événement. Ils seront finalement seulement 50 000. Ils ne sont pourtant ni rémunérés ni même indemnisés…