— Publié le 13 novembre 2015

“A Hambourg, l’héritage des JO serait indiscutable”

Candidatures Focus

Une échéance approche à grands pour la candidature d’Hambourg aux Jeux de 2024. Dimanche 29 novembre, la population locale, et celle du port de Kiel, où seraient disputées les épreuves de voile, sont appelées à se déclarer par référendum pour ou contre le projet olympique allemand. En cas de victoire du oui, très probable si l’on en croit les sondages d’opinion, la candidature serait maintenue, l’équipe d’Hambourg 2024 renforcée et ses moyens décuplés. En cas de refus, le dossier serait renvoyé dans les oubliettes de l’histoire. Nikolas Hill, le patron de l’équipe de candidature (notre photo), a expliqué à FrancsJeux la philosophie et la vision du projet allemand.

FrancsJeux: Revenons quelques mois en arrière, au moment de la décision du comité olympique allemand de préférer Hambourg à Berlin pour porter les espoirs du pays dans la course aux Jeux de 2024. A l’étranger, ce choix a pu surprendre. Comment s’explique-t-il?

Nikolas Hill: A Hambourg, l’idée de postuler aux Jeux olympiques est venue de la base, des habitants de la ville. Elle émane d’une volonté populaire. Les gens veulent les Jeux et l’ont fait savoir très tôt. Ils sont convaincus par le projet olympique. A Berlin, l’initiative était nettement plus politique.

Malgré tout, vous allez soumettre le projet à un référendum. Etait-ce une obligation?

Pas du tout. Nous aurions pu nous en passer, mais nous l’avons voulu ainsi. Nous avons même changé la constitution de la ville pour l’organisation de cette consultation. On nous a mis en garde contre le risque de vivre un nouveau Munich 2018, lorsque la population bavaroise avait voté contre la candidature aux Jeux d’hiver, mettant un terme à l’aventure. Mais la situation que nous vivons à Hambourg est très différente. Nous jouons à fond la transparence, en expliquant aux habitants le projet, son concept, son coût et sa vision. Notre concept est aussi le leur. Si le référendum donne un résultat favorable, cette étape renforcera notre candidature en envoyant un message fort sur l’engagement de la population et son soutien.

Comment la candidature est-elle perçue, localement, sur le plan politique?

Nous recensons actuellement six partis politiques. Cinq se sont déclarés favorables au projet. Seule l’extrême-gauche est contre.

Les soupçons de corruption qui visent l’attribution à l’Allemagne de la Coupe du Monde de football en 2006 ne menacent-ils pas votre projet?

Cette histoire ne va pas nous aider, c’est certain, mais nous devons faire avec. Nous jouons la transparence depuis le début, notamment sur les réseaux sociaux. Mais je pense surtout que la FIFA et le CIO ont aujourd’hui peu de points communs. Le CIO a pris une avance certaine en instaurant très tôt des réformes pour garantir crédibilité et intégrité. Aujourd’hui, la confusion n’est plus vraiment possible entre la situation du football et celle du mouvement olympique.

Quels sont les atouts d’Hambourg dans cette course aux Jeux de 2024?

Les Jeux olympiques de 2024 s’inscrivent parfaitement dans le développement à long terme de la ville d’Hambourg. Ils lui vont comme un gant. A Hambourg, l’héritage des Jeux serait indiscutable. La compacité de notre dispositif constitue un autre atout, avec 90% des sites olympiques situés dans un rayon de 5 km. Imaginez qu’il sera possible de rejoindre la majorité des sites en 10 minutes de marche depuis la gare ferroviaire. Et puis, les gens à Hambourg veulent les Jeux et ils aiment être partie prenante des grands événements sportifs. Ils ne restent pas devant leur télévision, ils participent, soutiennent et s’engagent.

Qui incarnera votre candidature? Quels en seront les figures marquantes?

Tout n’est pas encore décidé (sourire). Mais Claudia Bokel en fera partie. Elle connaît bien le CIO, elle sait ce que les athlètes attendent des Jeux. Pour nous, cette question des athlètes est prioritaire. Nous avons même mis en place un système, baptisé MOT, qui permet de vérifier à tous moments ce qu’ils pensent, veulent et attendent.

Thomas Bach pourrait constituer un soutien de poids pour votre candidature, mais sa position de président du CIO lui impose une totale neutralité. N’est-ce pas frustrant?

Non. Je peux même vous dire qu’il ne sera pas invité à Hambourg le jour du référendum. Avec ou sans Thomas Bach, nous pensons que l’Agenda 2020 offre à une ville comme la nôtre, qui n’est pas une capitale, l’opportunité de postuler aux Jeux avec des chances de l’emporter.

Au tout début du processus de sélection mis en route par le comité olympique allemand, il avait été dit que le pays se portait candidat aux Jeux de 2024 et à ceux de 2028 dans l’hypothèse d’un échec. Est-ce toujours d’actualité?

Nous ne nous posons absolument pas la question des Jeux de 2028. Nous sommes candidats pour 2024. Point.