— Publié le 11 septembre 2014

Pour le sport français, le temps des victoires

Candidatures Focus

N’y voyons pas de hasard. A moins de vingt-quatre heures d’intervalle, la France a décroché l’organisation de deux événements majeurs du calendrier sportif international: l’Euro masculin de basket-ball en 2015, convoité par une une demi-douzaine de nations, et les championnats du monde de lutte en 2017. Quelques semaines plus tôt, Saint-Quentin-en-Yvelines et son nouveau vélodrome avaient été choisis par l’UCI pour recevoir le Mondial de cyclisme sur piste en février 2015.

Avec ces trois nouveaux événements, la feuille de route du sport français pour les prochaines années ne compte plus d’espace vide. En 2015, le Mondial de cyclisme sur piste sera suivi des championnats d’Europe de cross-country à Paray-le-Mondial puis, fin août, du championnat du monde d’aviron à Aiguebelette, et enfin de l’Euro de basket masculin. En 2016, la France organisera l’Euro de football, le championnat d’Europe de badminton et celui de karaté. En 2017, année chargée, elle cumulera les championnats du monde masculins de handball, ceux de hockey-sur-glace, les Mondiaux de canoë-kayak en eaux vives à Pau et ceux de lutte à Bercy. L’année suivante, elle recevra la Ryder Cup et l’Euro féminin de handball.

Côté candidatures, la Fédération française d’athlétisme lorgne sur les championnats d’Europe par équipes en 2017, celle de football envisage de déposer un dossier pour l’organisation de la Coupe du Monde féminine en 2019. La Fédération française de volley-ball, absente du paysage depuis le Mondial masculin en 1986, songe elle aussi à postuler à l’accueil d’un championnat d’Europe.

Le sport français redevient gourmand. Surtout, il gagne désormais à (presque) tous les coups. L’explication? “Une volonté des fédérations de se mobiliser, suggère Michaël Aloïsio, le délégué exécutif du CFSI, le Comité français du sport international. Nous avons peut-être mieux pris conscience de l’intérêt, en plus de posséder un bon dossier, de l’importance de faire une bonne promotion d’une candidature. Les fédérations se montrent très présentes sur la scène internationale. Le phénomène n’est pas nouveau, car la France a toujours été un grand pays organisateur, mais il est en train de s’amplifier.” Il pourrait même bientôt prendre une nouvelle direction, celle des élus, avec les candidatures annoncées de Pierre Durand à la présidence de la Fédération équestre internationale (FEI), et de Jean Gracia à la présidence de l’Association européenne d’athlétisme (AEA).

Dans tous les cas, cette multiplication des événements internationaux sur le sol français peut jouer un double rôle. “Un intérêt sportif pour les sports concernés, en augmentant leur médiatisation et leur pratique, explique Michaël Aloïsio. Et, en deuxième plan, une formidable promotion pour le sport français à l’étranger.” Une vitrine du savoir-faire bleu-blanc-rouge, en somme. Une occasion de “nouer des contacts” plus étroits avec les institutions internationales. En résumé, une façon pertinente de préparer le terrain à une candidature de Paris aux Jeux d’été de 2024.

Autre stratégie, moins visible: la formation des futures têtes de pont du sport français à l’international. A l’initiative du CFSI, présidé par Bernard Lapasset, une première promotion d’une vingtaine de candidats à l’export a été préparée cette année. Elle comptait un dosage d’élus (Isabelle Lamour, présidente de la Fédération française d’escrime, Richard Remaud, président de la Fédération française de badminton…), de cadres techniques (Cyrille Boulongne-Evtouchenko, DTN du volley-ball…) et d’anciens champions (Marie-José Pérec, Jean-Philippe Gatien…). La deuxième promo sera très prochainement lancée. Ses membres viennent d’être choisis. Ils seront à nouveau une vingtaine.

Reste l’essentiel, pour le mouvement sportif français: sortir de son chapeau un dossier en béton pour une candidature de Paris aux Jeux d’été. Et gagner. Enfin.