— Publié le 8 juillet 2014

Sur le papier, Oslo mène la course

Candidatures Focus

Thomas Bach l’a annoncé lundi midi, les trois villes “requérantes” dans la course aux Jeux d’hiver de 2022 ont été choisies par la Commission exécutive du CIO comme villes candidates. Almaty, Oslo et Pékin ont donc passé le “cut”. Tout sauf une surprise. L’instance suprême du CIO les a désignées à l’unanimité.

Le choix du CIO a été fait sur la base d’un rapport technique de plus de 60 pages, rédigé par un groupe de travail composé de 11 membres, tous experts des Jeux et/ou de l’univers olympique: Gian-Franco Kasper (Suisse), membre du CIO, président de la Fédération internationale de ski; Adam Pengilly (Grande-Bretagne), membre du CIO, représentant de la commission des athlètes; Caroline Assalian (Canada), directrice des sports du Comité olympique canadien; Grant Thomas (Etats-Unis), conseiller du CIO pour les questions d’infrastructure; John McLaughlin (Canada), conseiller du CIO pour les questions financières; David Stubbs (Grande-Bretagne), conseiller du CIO pour les questions d’environnement; Stefano Manelli (Italie), conseiller du CIO pour les questions de transport; Gilbert Felli (Suisse), directeur exécutif pour les Jeux olympiques; Christophe Dubi (Suisse), directeur exécutif adjoint pour les Jeux olympiques; Jean-Benoît Gauthier (France), directeur de l’information et de la technologie; Jacqueline Barrett (Grande-Bretagne), présidente de la commission de coordination des villes candidates.

Le rapport technique concocté par le groupe de travail ne manque pas de précision. Les trois dossiers des villes requérantes y sont observés au microscope, selon une quinzaine de critères, allant du concept des Jeux au logement dans le village des athlètes, en passant par le budget, le centre de presse, l’expérience olympique, les soutiens politique et public, la politique antidopage et les questions environnementales. Pour tous ces critères, les experts du CIO ont noté Almaty, Oslo et Pékin avec une note minimale et une note maximale, chacune allant de 0 à 10.

A ce jeu, Oslo mène la course. La candidature norvégienne obtient une note maximale de 9 pour son concept et ses sites de compétition, son village olympique et ses centres de presse, la sécurité, les télécommunications, les formalités douanières et d’immigration. Elle est notée 9,5 pour les critères “énergie” et “environnement”. Surtout, elle décroche un 10/10 pour son expérience olympique et sa politique de lutte contre le dopage. Son seul point faible: les soutiens politique et public, où le rapport lui donne entre 5 et 7 sur 10. Il est mentionné un sondage du début d’année où seulement 36% des Norvégiens interrogés se déclaraient favorables aux Jeux d’hiver à Oslo en 2022.

A l’autre bout du banc, Almaty fait presque figure de mauvais élève. Les experts du CIO lui ont distribué une série de notes très moyennes, relevant notamment sa faible expérience olympique (4,5 à 7 sur 10), son retard sur les questions d’environnement (5 à 6), sa parc hôtelier réduit (5 à 6,5), son réseau énergétique insuffisant (4 à 6). A l’inverse, la candidature du Kazakhstan bénéficie d’un impressionnant soutien des forces politiques et de la population. Un sondage commandé par le comité de candidature révèle un faible taux d’opposition (13%), les habitants du pays se déclarant à 65% favorables au projet olympique.

Invité surprise de cette course à trois, Pékin bénéficie pleinement de l’acquis des Jeux d’été en 2008. La capitale chinoise obtient des notes assez hautes pour son village des athlètes (8 sur 10), ses centres de presse (8,5), son expérience olympique (8), ses capacité d’hébergement (8,5) et ses conditions de sécurité (9). Sans surprise, Pékin décroche également le pompon pour les questions de budget (9), de soutien politique et public (9) et de télécommunications (9). Son seul point faible: les transports (5 à 7,5). Le rapport pointe du doigt le temps de trajet en bus entre Pékin et les sites de Zhangjiakou, où se dérouleraient les épreuves de ski, estimé actuellement à 2 h 45. Mais les experts précisent que la construction d’un train à grande vitesse en réduira nettement la durée.

Au premier temps intermédiaire, Oslo mène la course d’une courte tête devant Pékin, Almaty semblant un peu décroché. Mais la route sera longue avant la décision de l’Assemblée générale du CIO, le 31 juillet 2015 à Kuala Lumpur.