— Publié le 22 mai 2023

La FIFA met la pression sur les diffuseurs

Football

Le temps passe, mais rien ne se passe. A moins de deux mois de l’ouverture de la Coupe du Monde féminine de football (20 juillet au 20 août), co-organisée par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, plusieurs grandes nations européennes n’ont toujours pas de diffuseur de la compétition. La France, notamment. Gianni Infantino, le président de la FIFA, a été le premier à s’en alarmer, menaçant les pays concernés de les priver de l’événement si les offres de leurs chaînes de télévision restaient insuffisantes. La secrétaire générale de l’instance, Fatma Samoura, lui a emboîté le pas à l’occasion d’un entretien avec l’AFP. « Nous avons un bon produit, le plus beau du sport féminin, a-t-elle expliqué dimanche 21 mai. Tout le monde parle d’égalité, de parité. Nous voudrions que ces paroles se transforment en actions. L’action la plus simple est de valoriser cette Coupe du Monde à son juste prix, c’est tout ce que l’on demande. Les trois matches de la France sont programmés à midi en France en plein été, quand tout le monde sera en vacances. Il faut que les télés mettent un peu plus de moyens sur la table et acceptent de revenir à la table des négociations, avec des prix qui reflètent l’engouement pour le sport le plus populaire en Europe et en France. » Selon Fatma Samoura, les discussions sont en cours avec des potentiels diffuseurs français, mais les offres reçues ne sont pas encore à la hauteur des attentes de la FIFA. « Pendant longtemps, les diffuseurs ont été habitués à acheter les compétitions féminines avec des prix symboliques, a poursuivi la numéro 2 de la FIFA. Les sponsors et les diffuseurs jouent un rôle primordial dans le développement du football féminin et j’aimerais que cela se transforme par un soutien effectif et massif. » En plus de la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne n’ont pas encore de diffuseur officiel du Mondial 2023. Mais un accord a été signé dans 155 pays, dont les Etats-Unis, le Canada, les Pays-Bas et le Brésil. Interrogée dimanche 21 mai sur France Inter, la ministre française des Sports, Amélie Oudéa-Castera, s’est montrée optimiste. « Il ne faut pas paniquer, il y a encore un petit peu de temps, a-t-elle expliqué. Il faut que, comme ils s’y étaient engagés auprès de moi, les diffuseurs relèvent un peu leur offre pour que chacun fasse une part de chemin. Je prends l’engagement qu’il y aura bien une retransmission pour nos joueuses. J’ai mobilisé mes collègues européens pour qu’on ait une position forte commune. »