Dimanche 31 mai, les habitants de Hambourg décideront si leur ville entre officiellement dans la course aux Jeux olympiques et paralympiques. Après Munich en octobre et la région Rhin-Ruhr en avril, ce référendum est le troisième du genre en Allemagne dans la perspective d’une candidature pour l’organisation des Jeux 2036, 2040 ou 2044. Les deux premiers ont été remportés haut la main. Sur le papier, Hambourg semble aussi avoir les arguments pour convaincre et obtenir la même issue.
76 % de sites existants et l’accent mis sur la durabilité
Pas de projet monumental ou déraisonnable à l’horizon : Hambourg vit avec son temps, et propose donc des Jeux avec 76 % des sites de compétition déjà existants. Les installations manquantes seront temporaires, puis réutilisées. « Les Jeux s’adapteront à la ville, et non l’inverse », promet le projet. Contrairement à 2015, quand le « non » l’avait emporté, la contribution financière de l’État fédéral est aussi garantie. « Si Hambourg ne saisit pas cette opportunité, les investissements seront alloués à l’une des autres régions candidates », lit-on, comme un avertissement, sur le site de la candidature.
Vingt des 33 sites de compétition prévus sont situés directement dans la ville de Hambourg, dont 17 dans un rayon de sept kilomètres autour de la Cité du Parc Olympique. De quoi faciliter l’accès aux sites, même à pied, et favoriser les mobilités douces. Un argument particulièrement audible en matière de durabilité. Les athlètes en bénéficieront aussi : 21 des 23 sports du programme auront lieu dans un rayon de 10 kilomètres autour du village olympique et 40% des athlètes pourront rejoindre leur site de compétition en moins de 15 minutes à pied. Une piste cyclable olympique et une ligne de bus dédiée au transport des athlètes et des visiteurs sont envisagées.
« Présenter une candidature qui corresponde à Hambourg »
Environ 15.000 athlètes et officiels devraient séjourner dans la Cité des sciences, actuellement en construction à Bahrenfeld, pendant les Jeux. Les appartements, de différentes tailles, pourront ensuite être transformés en logements pour environ 9.000 Hambourgeois, dont plus de 56 % seront des logements sociaux. Hambourg imagine une cérémonie d’ouverture spectaculaire sur le lac Alster intérieur. Des pontons y seront installés, ce qui permettra aussi au lac d’accueillir des épreuves comme le basket 3×3, le tir à l’arc et… le padel. Hambourg aimerait le proposer comme sport additionnel, ainsi que le stand-up paddle, pour suivre les suggestions de la population lors d’un sondage en ligne mené en novembre dernier.

Aperçu de la cérémonie d’ouverture sur le lac Alster (Neuland Concerts).
La voile, le rugby et le handball se dérouleraient à Kiel, le canoë-kayak slalom à Markkleeberg (déjà doté d’un stade d’eaux vives), et le football mobiliserait Brême, Hanovre, Wolfsburg, Rostock, Magdebourg ou encore Dresde. Le projet a évolué, montrant que les responsables restaient à l’écoute : suite aux critiques des groupes environnementaux, le VTT n’aurait pas lieu dans les collines de Harburg, mais à Hummelsbüttel.
Steffen Rülke, chef de la candidature de Hambourg, a insisté sur l’importance d’associer la population à ce processus : « Nous voulons présenter une candidature qui corresponde à Hambourg. C’est pourquoi il est si important pour nous d’écouter les Hambourgeois. Ce sont eux qui savent le mieux à quoi devraient ressembler les Jeux et ce qui conviendrait le mieux à notre ville. Les Jeux doivent profiter au plus grand nombre, bien au-delà des épreuves elles-mêmes. » Depuis novembre, des ateliers, des conférences et des tables rondes ont été organisés dans différents quartiers de la ville pour que le public puisse échanger et poser des questions sur le projet. Plus de 165 idées proposées par les citoyens ont été intégrées au projet.

