Candidatures

Sept candidats aux profils bien différents pour les JO 2036

— Publié le 3 novembre 2026

C’est confirmé : sept candidats sont engagés dans le processus d’attribution des Jeux olympiques 2036. Le CIO aura donc du choix, plus que pour les dernières éditions. Tous ont désormais deux ans et demi pour convaincre en vue du verdict final, attendu au milieu de l’année 2029.

Ils ont déjà organisé les Jeux olympiques

L’Allemagne se présente comme l’un des favoris de la course. Elle n’a plus accueilli les Jeux depuis 1972, et les membres du CIO peuvent légitimement estimer qu’elle mérite de retrouver les JO. Elle a toujours terminé dans le top 10 du tableau des médailles depuis la réunification, ce qui témoigne de la vitalité du sport allemand. Le pays a aussi fait ses preuves dans l’organisation de grands événements (Coupe du monde de football 2006, Championnats d’Europe d’athlétisme 2022, Euro 2024, etc.). Cerise sur le gâteau : la DOSB a déjà son champion, Munich, largement soutenu par la population locale. Beaucoup de garanties, donc.

Avec Séoul 1988 et PyeongChang 2018, la Corée du Sud a déjà été servie il y a « peu ». Néanmoins, la logique de rotation continentale voudrait que les JO 2036 se tiennent en Asie. Comme l’Allemagne, c’est un pays qui compte sur la scène olympique (32 médailles dont 13 en or à Paris 2024, et une huitième place au tableau final) et qui a organisé des événements de premier plan comme les Championnats du monde d’athlétisme 2011, ou les Championnats du monde de tir à l’arc 2025. Des incertitudes demeurent puisque la province du Jeolla du Nord, initialement choisie, aimerait se rapprocher de Séoul pour bâtir cette candidature. Des zones d’ombre doivent donc être éclaircies.

Ils retentent leur chance

La Turquie n’en est pas à son premier coup d’essai. Éliminée dès le premier tour pour les JO 2000, et au deuxième pour les JO 2008, Istanbul s’était encore rapprochée en étant le dernier adversaire de Tokyo pour les JO 2020. La capitale turque repart en campagne avec un nouvel atout dans sa manche : les Jeux européens 2027. Elle organisera bientôt l’un des plus grands événements multisport au monde et pourra ainsi montrer concrètement au CIO ce qu’elle peut proposer. L’occasion de rassurer, aussi, sur ses capacités en matière de sécurité.

Budapest a, elle aussi, déjà nourri des ambitions olympiques. Elle avait retiré sa candidature pour les JO 2024 face à la pression de l’opinion et les questions sur les coûts. Deux Fédérations internationales les plus puissantes lui ont récemment accordé leur confiance : World Athletics, avec les Championnats du monde d’athlétisme 2023 et l’Ultimate Championship 2026, ainsi que World Aquatics, avec les Championnats du monde de natation 2027. Reste à savoir quelle serait l’issue d’un référendum.

Après l’échec du Cap pour les JO 2004, l’Afrique du Sud repart en campagne, cette fois avec Durban. Le Comité olympique (SASCOC) a annoncé qu’il donnerait la priorité aux sites existants et que « toute nouvelle infrastructure permanente devra être justifiée par un besoin public ou sportif crédible à long terme », en cohérence avec la vision du CIO. Le pays a déjà organisé la Coupe du monde de rugby (1995), la Coupe du monde de football (2010), la Coupe du monde féminine de cricket (2023) ou encore la Coupe du monde de netball (2023). Une candidature africaine sera largement valorisée puisque le continent n’a jamais accueilli les JO.

Les « petits » nouveaux

En l’espace de dix ans, le Qatar a accueilli les Championnats du monde de natation, d’athlétisme et de handball, la Coupe du monde de football, les Jeux mondiaux de plage, etc. Les JO étaient logiquement l’étape suivante. Tous ces événements ont permis au Qatar de se faire un nom et une réputation. Les infrastructures sont en place, et la surface réduite du pays assure d’avoir des Jeux compacts, avec des sites de compétition rapprochés. Les Jeux asiatiques 2030 pourraient servir de répétition générale. En revanche, le Qatar peut-il accueillir des JO d’été aux dates traditionnelles compte tenu de son climat ? Il faudrait probablement envisager des dates qui sortent du calendrier habituel. Ce que la FIFA avait accepté de faire en décalant son Mondial en novembre-décembre 2022.

L’Inde est également candidate pour la première fois. Le pays le plus peuplé du monde n’a guère l’habitude de briller aux Jeux olympiques, ni d’organiser de grands événements sportifs (hors cricket). Néanmoins, les autorités ont l’intention de changer ça. Ahmedabad accueillera les Championnats du monde d’haltérophilie en 2029 et les Jeux du Commonwealth en 2030. Le gouvernement a mis en place un plan ambitieux pour renforcer la place du sport dans la société indienne et, en parallèle, lutter contre le dopage, un fléau de longue date. Il faudra cependant donner des garanties, et sans trop tarder.