— Publié le 21 juillet 2026

Quel bilan pour « la plus grande Coupe du monde de tous les temps » ?

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L’heure du bilan. Dimanche, l’Espagne a remporté son deuxième titre de championne du monde au MetLife Stadium, dans la banlieue de New York, face à l’Argentine. La conclusion d’un tournoi historique, qui accueillait plus d’équipes que jamais (48). Gianni Infantino est affirmatif : « Cette Coupe du monde a dépassé toutes les attentes. Il ne s’agit pas seulement de la plus grande Coupe du monde de tous les temps. C’est également le plus grand événement humain, social et culturel que le monde n’ait jamais vu. » Une formule un peu exagérée, même si la FIFA a de quoi se réjouir.

« Le monde a gagné, l’Amérique a gagné, la FIFA a gagné »

Avec plus de six millions et demi de personnes dans les stades du Mexique, du Canada et des États-Unis, le record d’affluence a été pulvérisé. La précédente référence avait été établie lors de la Coupe du monde 1994, déjà sur le sol américain, avec 3,5 millions de spectateurs. La qualité des stades a fait l’unanimité, les audiences ont été au rendez-vous et plus de 8,5 millions de personnes ont visité les FIFA Fan Festivals dans les trois pays hôtes. Les images de communion des supporters, notamment à Times Square, ont fait le tour de la planète.

Le président de la FIFA estime aussi que l’essai a été transformé pour son format à 48 équipes. « Davantage de pays peuvent y croire, davantage d’enfants peuvent garder l’espoir et davantage d’opportunités sont offertes au monde entier de participer au football international, au sport universel. Qu’en disent ceux qui prétendaient que la présence de 48 équipes allait diluer la qualité de la Coupe du monde de la FIFA ? En réalité, ça l’a rendue bien plus forte », expliquait-il samedi.

En résumé ? « Le monde a gagné, l’Amérique a gagné, la FIFA a gagné. Unir le monde comme nous l’avons fait cet été, faire vivre des moments inoubliables à des millions, des milliards de personnes aux quatre coins du globe, c’est un accomplissement que nous chérirons à jamais », glissait Infantino avant la finale. Les nouvelles règles introduites par la FIFA pour limiter les gains de temps et fluidifier le jeu (compte à rebours au moment des remplacements et touches, intervention express de la VAR si un corner est accordé à tort…) représentent par ailleurs des avancées notables, qui seront très certainement introduites dans d’autres compétitions.

Les polémiques Omar Artan et Folarin Balogun

Le tableau n’est pas pour autant dépourvu de zones d’ombre. Les États-Unis ont refusé l’entrée sur leur territoire de l’arbitre somalien Omar Artan, qui n’a pas pu assumer le rôle pour lequel la FIFA l’avait sélectionné. Des supporters ont aussi dû renoncer à leur rêve de suivre leur équipe à cause des restrictions migratoires, par exemple les Ivoiriens. Les obstacles ont aussi été économiques puisque cette Coupe du monde a été la plus chère de l’histoire du côté de la billetterie.

La suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun a été bizarrement annulée avant le match contre la Belgique, provoquant un tollé général. Des questions d’intégrité et d’ingérence politique ont été soulevées : le président Donald Trump a directement appelé Gianni Infantino pour lui signifier que le joueur ne méritait pas de manquer le match suivant. Selon le Times, la commission de discipline de la FIFA n’a pas été consultée et son président, Mohammad Al-Kamali, a pris la décision tout seul. Une plainte a été déposée par l’ONG FairSquare auprès du CIO au nom des règles de neutralité et de fair-play.

La systématisation des pauses fraîcheur a aussi donné l’impression de reléguer l’intérêt sportif au second plan puisque le jeu était même interrompu quand les conditions météo n’étaient pas particulièrement chaudes. Last but not least : les prochains mois nous donneront plus d’informations sur l’empreinte carbone dramatique du tournoi, organisé sur trois pays, en s’appuyant de manière considérable sur le trafic aérien. La FIFA se montre dithyrambique, mais en réalité, le tableau est bien plus nuancé.