Les Jeux olympiques d’hiver 2030 occuperont une place centrale dans les discussions de la 146e Session du CIO, les 24 et 25 juin. Il s’agira notamment de valider le programme sportif, et de trancher sur les sports additionnels proposés par le comité d’organisation des Alpes françaises. Ces derniers mois, la possibilité d’intégrer des sports comme le cyclo-cross et le cross-country a été évoquée. Edgar Grospiron s’est d’ailleurs montré favorable à cette idée. Mais Kirsty Coventry a tranché jeudi après-midi : il n’y aura pas de révolution du programme en 2030.
« Du Pogacar ou du Wout van Aert, ça aurait de la gueule »
En décembre 2024, le CIO avait énoncé six critères fondamentaux pour l’élaboration du programme : réduire le coût et la complexité ; la santé et la sécurité des athlètes ; l’intérêt du pays hôte ; l’égalité des genres et l’intérêt des jeunes « afin d’attirer de nouveaux publics et athlètes » ; l’intégrité et l’équité afin de soutenir les sports « propres » ; la durabilité environnementale. Edgar Grospiron a évoqué plusieurs possibilités : le ski-alpinisme, le ski de vitesse, le télémark, l’ice-cross, mais aussi… le cross-country ou le cyclo-cross.
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— UCI Cyclocross (@UCI_CX) February 4, 2026
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🎥 Nick Nixon pic.twitter.com/hh1reNn5f9
World Athletics et l’UCI ont plaidé leur cause, publiquement et en coulisses : les deux sports se pratiquent déjà en hiver, et ils rassemblent des pays que l’on voit peu dans les sports de glace et de neige traditionnels, notamment sur le continent africain. « Les Jeux d’hiver, c’est fantastique mais la grosse star, c’est le joueur de NHL ou des Lindsey Vonn… Il n’y en a pas beaucoup. Mais si demain tu as du Pogacar ou du Wout van Aert, ça aurait de la gueule », déclarait Grospiron en décembre. Un obstacle procédural devait cependant être franchi : la modification de la charte olympique, qui stipule que tous les sports présents aux Jeux d’hiver se pratiquent nécessairement sur neige ou sur glace.
Plus d’inconvénients que d’avantages à ce stade
Les Fédérations olympiques d’hiver – IBU, IBSF, IIHF, FIL, ISU, FIS, World Curling – ont haussé le ton en novembre, « fermement convaincues qu’une telle approche diluerait la marque, l’héritage et l’identité qui rendent les Jeux olympiques d’hiver uniques ». Le CIO est sur la même longueur d’onde : il n’y aura pas de sport hors neige ou hors glace dans les Alpes françaises en 2030.
« Cela risquerait de brouiller la distinction claire entre les sports d’hiver et d’été, nous confie Jiri Kejval, président du Comité olympique tchèque et membre du CIO. De plus, cela remettrait en cause le principe fondamental qui a traditionnellement défini les Jeux d’hiver. Je reconnais qu’il existe des arguments en faveur d’une telle approche — notamment l’innovation, la flexibilité et la possibilité d’attirer de nouveaux publics —, mais je pense qu’à ce stade, les inconvénients l’emportent sur les avantages potentiels. En particulier, cela pourrait introduire un certain degré d’incertitude et un débat permanent qui ne seraient pas bénéfiques pour la clarté et la stabilité à long terme du Mouvement olympique. Préserver une identité claire et cohérente pour les Jeux olympiques d’hiver reste, à mon avis, d’une importance fondamentale. »
Il faudra donc compter, dans quatre ans, avec des ajouts potentiels comme le freeride, qui n’a jamais été convié, ou le ski-alpinisme, qui espère rester après ses débuts à Milan-Cortina. Les portes ouvertes par le CIO dans le cadre du processus Fit for the Future ne sont cependant pas totalement fermées : Kirsty Coventry a bien précisé que cette décision valait pour l’édition 2030, mais que le groupe de travail sur le programme olympique allait étudier la question pour les Jeux d’hiver qui suivront.

