— Publié le 7 mai 2026

Les JOJ en pause, un programme plus soft en 2032, retour de la Biélorussie... La commission exécutive du CIO annonce la couleur

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La commission exécutive du Comité international olympique (CIO) s’est réunie à la Maison Olympique de Lausanne mercredi et jeudi. Beaucoup de choses en sont ressorties. Première annonce faite par Kirsty Coventry à la presse, sur les coups de 16 heures : la désignation des quatre hôtes des séries de qualification olympique. Pour six sports (basket 3×3, skateboard, beach volley, BMX freestyle, escalade, flag football), la route vers Los Angeles 2028 passera par Tokyo (4-7 mai 2028), Shanghai (11-14 mai), Montréal (1-4 juin) et Orlando (8-11 juin). Une mise en bouche, car la suite s’est révélée bien plus riche en enseignements pour l’avenir du Mouvement olympique.

Revoir les JOJ et « reprendre le contrôle » du programme olympique

Bangkok, Asunción et Santiago devront attendre un peu plus que prévu pour savoir qui organisera les Jeux olympiques de la Jeunesse en 2030. Aucun choix ne sera fait en juin, contrairement à ce qui était attendu. Kirsty Coventry a expliqué qu’il était nécessaire de « faire une pause », d’avoir une vraie réflexion autour de l’événement et de définir « une stratégie claire ». Cette décision a été prise après un sondage des FI et des CNO, qui a mis en évidence que « les JOJ ont une signification différente selon les personnes ». Le CIO souhaite ainsi pousser la réflexion déjà engagée sur le format de ces Jeux. « Actuellement, les JOJ ne répondent pas à toutes les questions », estime Coventry.

Quatre nouveaux groupes de travail sont mis en place. Ils se pencheront sur :

  • les séries de qualification olympique, avec l’idée de trouver un modèle commercial durable (groupe présidé par Octavian Morariu) ;
  • la livraison des Jeux olympiques (présidé par Tony Estanguet), afin de réduire les complexités, renforcer l’expérience, la durabilité et l’héritage ;
  • l’autonomie, l’éthique et la bonne gouvernance (Nicole Hoevertsz) ;
  • un monde meilleur à travers le sport (Auvita Rapilla).

Interrogée, par ailleurs, sur les Jeux olympiques de l’eSport, la présidente a assuré que le projet était « bien vivant », mais que le CIO avait d’autres priorités et donc qu’il se concentrait, dans l’immédiat, sur son « cœur de métier ». Notamment le chantier du programme olympique. Le groupe de travail dédié a choisi d’analyser les choses par discipline, et non par sport. Pierre Ducrey, directeur des sports du CIO, a donné le ton : il s’agit de réduire la taille des Jeux et leur complexité.

Il y a 36 sports au programme des Jeux de Los Angeles 2028, et Kirsty Coventry prévient : il n’y en aura pas autant à Brisbane en 2032. En ajoutant des sports, « on voit de nouveaux coûts, des Jeux plus étalés, qui ajoutent de la complexité aux athlètes, aux diffuseurs, etc. Ça change l’expérience pour toutes les parties prenantes », justifie Coventry, désireuse de « reprendre le contrôle du programme ». Elle a officiellement fermé la porte à l’idée d’intégrer des sports hors neige et glace aux Jeux olympiques d’hiver pour 2030, éteignant ainsi l’espoir de l’UCI (cyclo-cross) et de World Athletics (cross-country).

Portes ouvertes pour la Biélorussie, pas encore pour la Russie

La commission exécutive a également fait évoluer sa politique relative aux athlètes biélorusses : elle ne recommande désormais plus aucune restriction concernant leur participation, y compris aux compétitions par équipes. La Biélorussie pourra donc librement se mêler à la lutte pour les quotas des Jeux olympiques de la Jeunesse d’hiver de Dolomiti Valtellina 2028 et des Jeux de Los Angeles 2028. Faut-il s’attendre à ce que l’étau se desserre un peu plus aussi autour de la Russie ? « Il n’y a pas de calendrier », répond Coventry, en rappelant que les situations sont différentes : « Il y a eu des échanges constructifs avec le ROC, mais le comité olympique biélorusse n’a jamais été suspendu. Le ROC l’est encore. »

James Macleod, directeur des relations avec les CNO, précise que le ROC a apporté « beaucoup de documents, très utiles et intéressants pour la commission des affaires juridiques ». Un rapport sera prochainement transmis au bureau exécutif. Un autre obstacle pourrait cependant contrarier les plans de la Russie, l’état de la lutte antidopage, alors que l’AMA a récemment annoncé que 302 sanctions avaient été prononcées dans 22 sports le cadre de l’Opérations LIMS en Russie. « En 2016 j’étais encore athlète et c’est très important pour moi de nous assurer que l’aire de compétition est la plus propre et équitable possible », a rappelé Coventry.