Candidatures

Bangkok et la Thaïlande en opération séduction pour les JOJ 2030

— Publié le 5 mai 2026

Trois prétendants, un seul gagnant. Il y a six mois, la commission exécutive du CIO a invité Asunción (Paraguay), Bangkok (Thaïlande) et Santiago (Chili) à participer à un dialogue ciblé pour l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse 2030. La course s’accélère puisqu’une délégation du CIO emmenée par Danka Hrbekova, présidente du groupe de travail sur les JOJ 2030, vient tout juste d’achever une visite d’inspection à Bangkok. Que faut-il en retenir ?

Des sites existants et dynamiques

En décembre, le CIO mettait trois atouts en avant dans la candidature thaïlandaise : « le recours exclusif à des infrastructures existantes ou temporaires, avec un campus universitaire à Bangkok comme principal village olympique ; un noyau de sites urbain et un noyau côtier pour garantir des JOJ mémorables aux athlètes ; un soutien solide des autorités locales et nationales, qui inclut un engagement à financer 80 % du budget du COJOJ. » La visite a permis de se faire une idée plus précise des deux premiers points dans les clusters de Bangkok (19 sites, 22 sports) et Chonburi (7 sites, 8 sports).

« Ils n’ont pas vu des sites en 3D ou des choses sur le papier. Ils ont vu des sites où des gens s’entraînaient, des étudiants qui faisaient un basket entre eux. Ils ont vu la réalité de ce que c’était, et surtout que les sites étaient déjà là », nous confie un observateur avisé du dossier. « L’objectif n’était pas d’en mettre plein la vue, mais de montrer des sites où il y avait des gens qui jouaient, des jeunes qui se rassemblent, l’énergie qui se dégage. Ce sont des sites ouverts, utilisés tous les jours, par tout le monde, de l’athlètes de haut niveau jusqu’à l’amateur ou au jeune qui découvre le sport. »

La délégation est passée par le stade Rajamangala, le complexe de l’Autorité des sports de Thaïlande (natation, tir à l’arc, hockey, judo, tir, skateboard, escalade, taekwondo, tennis), la plage de Jomtien, l’une des plus connues du pays (beach handball, lutte de plage, aviron de mer, pentathlon moderne, triathlon) ou encore le parc urbain de Chulalongkorn Square, au cœur du campus universitaire (beach volley, basket 3×3, cyclisme sur route). L’université serait l’épicentre des JOJ puisqu’elle accueillerait le village principal des athlètes : 5.645 chambres des résidences étudiantes seraient utilisées. 71% des sports auraient ainsi lieu à moins d’une heure du village, et 95% des sites de Bangkok seront accessibles en métro. Les athlètes en compétition à Chonburi et Phuket seraient quant à eux logés dans des hôtels.

Un pays jeune et un CV sportif long comme le bras

Les JOJ s’inscriraient dans une dynamique plus large d’investissements dans la jeunesse et les infrastructures. Sportives – l’Autorité des sports a notamment prévu de moderniser le stade Rajamangala – mais pas seulement – l’aéroport international va être agrandi, et le réseau de métro ne cesse de s’étendre. La Thaïlande dispose d’une longue expérience en matière d’organisation de grands événements sportifs. Au cours des derniers mois, elle a accueilli le Championnat du monde féminin de volley, les Championnats du monde de jiu jitsu, les Jeux d’Asie du sud-est ainsi que les ASEAN ParaGames.

Elle recevra aussi les Championnats du monde de dodgeball en décembre, et les Championnats du monde de canoë-kayak slalom juniors et U23 en 2027. Les Jeux olympiques de la Jeunesse résonneraient de manière spéciale dans un pays dont 21% de la population a moins de 20 ans. La Thaïlande organise par ailleurs des Jeux nationaux de la Jeunesse chaque année. Un événement unique, qui témoigne de la place accordée au sport et aux jeunes.

Surasak Phancharoenworakul, ministre du Tourisme et des Sports, a rappelé l’ambition du pays de se positionner comme « un pôle mondial dynamique pour le sport, le développement de la jeunesse et les événements internationaux. La Thaïlande possède une solide expérience éprouvée dans l’organisation d’événements sportifs internationaux, soutenue par des infrastructures de qualité et une étroite collaboration entre le gouvernement, le secteur privé, les établissements d’enseignement et la société civile. L’accueil des Jeux olympiques de la Jeunesse 2030 créera une valeur durable pour notre population, notre économie et notre image sur la scène internationale. » Le CIO sera-t-il sensible à ces arguments ? Réponse à la fin du mois de juin.