— Publié le 24 août 2022

Une ONG en appelle au CIO pour protéger les animaux

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Pas encore dans la place, mais déjà malvenu. A moins de deux ans des Jeux de Paris 2024, un partenaire présumé du comité d’organisation est montré du doigt par une organisation internationale de défense des animaux. Avec le CIO dans le rôle du témoin.

L’organisation américaine PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), la plus importante association de défense des droits des animaux au monde, avec 3 millions d’adhérents, annonce avoir écrit un courrier très officiel à Thomas Bach. Elle demande au président du CIO d’intervenir dans les négociations entre le COJO Paris 2024 et son présumé futur nouveau partenaire premium, LVMH (Moët Hennessy Louis Vuitton).

La démarche n’est pas commune. Certes, le nom du groupe français propriété du milliardaire Bernard Arnault est régulièrement cité comme le prochain des partenaires de premier rang du COJO Paris 2024. Mais son arrivée au sommet de la pyramide n’a pas encore été officialisée. PETA veut donc prendre les devants, en mettant le CIO et son président dans la boucle.

En réponse aux informations selon lesquelles LVMH – maison mère de Louis Vuitton et de Fendi – serait sur le point de devenir sponsor officiel des Jeux olympiques de Paris 2024, écrit l’ONG basée en Virginie, PETA a envoyé aujourd’hui une lettre au président du Comité international olympique, Thomas Bach, l’exhortant à ne donner son feu vert au parrainage de LVMH uniquement si le géant du luxe s’engage à cesser de vendre de la fourrure et des peaux exotiques, car la production de ces articles est non seulement atrocement cruelle pour les animaux, mais pose également un risque non négligeable de déclencher une nouvelle pandémie zoonotique.”

Le courrier est signé Mimi Bekhechi, la vice-présidente de PETA. “LVMH n’a jusqu’à présent pas agi de manière responsable et continue de mettre en danger la santé publique avec ses manteaux en vison et ses sacs en python, suggère la Britannique, en charge du Royaume-Uni, de l’Europe et de l’Australie. Nous connaissons tous les répercussions terribles que la COVID-19 a fait peser sur des milliards de vies partout dans le monde, il serait donc inadmissible que les prochains Jeux Olympiques soient parrainés par une entreprise qui soutient ces industries dangereuses.”

L’organisation américaine explique que des épidémies de COVID-19 affectant les animaux et les ouvriers sont apparues dans des fermes à fourrure dans plusieurs pays, dont la France, le Danemark, l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède et les États-Unis.

PETA révèle que sa branche asiatique a mené une enquête sur deux abattoirs indonésiens qui approvisionnent LVMH. Elle montre des ouvriers frappant des pythons à la tête, puis les suspendant et enfonçant des tuyaux dans leur gorge pour les gonfler d’eau, “ce qui facilite le retrait de leur peau“. La même enquête de PETA Asie assure que des lapins étaient matraqués et des chinchillas électrocutés pour leur fourrure.

Enfin, l’ONG américaine rappelle que plusieurs autres marques de l’industrie du luxe, dont Chanel, Burberry, Calvin Klein et Victoria Beckham, ont banni la fourrure et les peaux exotiques de leurs collections.

L’affaire PETA en rappelle une autre. En juin 2019, le groupe Total a renoncé à rejoindre le programme de marketing du COJO Paris 2024. Le géant pétrolier et gazier était annoncé comme un partenaire premium du rendez-vous olympique et paralympique, avec un contrat estimé à plus de 100 millions d’euros.

Mais son PDG, Patrick Pouyanné, a jeté l’éponge après un entretien fin mai 2019 avec Anne Hidalgo. Le contrat semblait pourtant presque signé. Mais la maire de Paris a mis son veto. Elle a écrit au COJO pour rappeler que les Jeux de Paris 2024 devaient être “exemplaires” en matière de respect de l’environnement. “Il serait très difficilement compréhensible pour nos concitoyens que soient retenues des entreprises dont l’activité aurait un lourd impact sur l’environnement en se fondant notamment sur le recours massif à des énergies carbonées“, avait suggéré Anne Hidalgo dans son courrier à Tony Estanguet.