— Publié le 4 janvier 2022

A un mois des Jeux de Pékin, le CIO ne veut pas perdre ses athlètes

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J – 1 mois pour les Jeux d’hiver de Pékin. Vendredi 4 février 2022, la capitale chinoise deviendra la première ville de l’histoire à avoir accueilli des Jeux d’été et d’hiver. Mais, à un mois pile de l’ouverture, l’événement olympique et paralympique reste douteux. Plus que sa tenue, sa participation est source d’inquiétude. La participation des athlètes, acteurs majeurs des Jeux.

Christophe Dubi, le directeur des Jeux olympiques au CIO, l’a encore répété lundi 3 janvier à l’occasion d’une interview à la chaîne suisse RTS : les Jeux de Pékin auront bien lieu. Le scénario d’une annulation n’est pas envisagé. Celui d’un report non plus. “Le gouvernement chinois nous a rappelé à plusieurs reprises, et encore vendredi dernier, que nous pouvons aller de l’avant, a-t-il expliqué. Ils sont très confiants. Ils ont mis en place une bulle sanitaire extrêmement sophistiquée. Les athlètes n’auront pratiquement aucun contact avec le monde extérieur et seront soumis à un test PCR quotidien.

Les Jeux auront lieu, donc. Mais avec qui ? A un mois de l’ouverture, la propagation du virus et la flambée des cas de COVID-19 un peu partout dans le monde provoquent une immense pagaille au sein des délégations olympiques.

La skieuse américaine Mikaela Shiffrin a annoncé la semaine passée être positive au coronavirus. Elle a été contrainte de renoncer à plusieurs épreuves de la Coupe du Monde de ski alpin. Le virus a également touché la Suissesse Lara Gut-Behrami, l’Autrichienne Katharina Liensberger et la Néo-Zélandaise Alice Robinson. La NHL a déjà tiré un trait sur le tournoi de hockey sur glace des Jeux de Pékin. L’équipe canadienne de bobsleigh a placé treize de ses membres, dont dix athlètes, en protocole sanitaire. Les sélections olympiques américaines de patinage de vitesse, prévues en fin de semaine, se dérouleront à huis clos.

Le directeur général du comité national olympique (COC), David Shoemaker, a été le premier à exprimer publiquement son inquiétude. “Nous sommes inquiets, a-t-il reconnu cette semaine lors d’une interview à la chaîne CBC. Le véritable défi pour nous, au cours des 30 prochains jours, est de permettre à nos athlètes de se rendre à Pékin sans contracter le virus. Personne n’a envie d’arriver en Chine et de se voir obligé de rester plusieurs semaines en quarantaine.

Interrogé par USA Today, Dick Pound, le doyen des membres du CIO, lui a emboité le pas. Même s’il estime “infimes” les risques que les Jeux de Pékin soient annulés, le dirigeant canadien reconnaît : “De mémoire d’homme, nous n’avons jamais connu un événement de cette nature. Il est certain que le virus fait le tour du monde, et plus de gens voyagent, plus de gens sont en situation de l’attraper ou de le propager. Donc, il est naturel de se dire, comme l’a fait David Shoemaker, préoccupé par la santé et la sécurité des athlètes et des équipes.

A un mois de l’ouverture, les athlètes devraient être concentrés sur leur entraînement et leur préparation terminale. Avec une seule idée en tête : arriver le jour J au sommet de leur forme. Mais l’émergence du variant Omicron, et son exceptionnelle contagiosité, bousculent la donne. Leur nouvelle priorité a changé : elle consiste désormais à ne pas contracter le virus.

Christophe Dubi le reconnaît : la situation sanitaire actuelle se révèle à la fois inédite et imprévue. “Ma principale préoccupation est l’augmentation du nombre de cas chez les athlètes, a-t-il confié à la RTS. Nous n’avons évidemment pas envie d’en perdre quelques semaines avant les Jeux olympiques, alors qu’ils en ont fait leur objectif pendant de nombreux mois.”

Même son de cloche chez Dick Pound : “L’inquiétude concerne tous les gens qui ne sont pas encore en Chine. Que se passerait-il s’ils étaient touchés les uns après les autres, un bobeur ici, un patineur là ? Si nous arrivons à un stade où il n’y aurait que des athlètes chinois, alors non, ce ne seraient pas les Jeux olympiques et ils ne seraient pas reconnus comme tels.”

Les Chinois et le CIO se veulent rassurants. Ils expriment toute leur confiance dans la sûreté de la bulle sanitaire préparée pour les athlètes et la famille olympique. Elle s’annonce comme la plus hermétique de l’histoire. Encore faudra-t-il être capable de l’atteindre.