— Publié le 24 novembre 2016

“Los Angeles peut répondre aux enjeux du CIO”

Candidatures Focus

Deuxième volet de notre entretien avec Angela Ruggiero, la directrice de la stratégie de la candidature de Los Angeles pour les Jeux de 2024. La quadruple médaillée olympique en hockey-sur-glace, présidente de la commission des athlètes du CIO, détaille la vision californienne des JO d’été. Et la volonté de l’équipe de candidature de jouer à fond la carte de l’innovation et des nouvelles technologies.

FrancsJeux: Les Etats-Unis ont perdu coup sur coup les élections pour les Jeux en 2012, avec New York, puis ceux de 2016, avec Chicago. Quelles leçons avez-vous tiré de ces deux échecs ?

Angela Ruggiero: Nous avons appris de ces échecs. Je crois que nous en avons retenu les leçons, mêmes si le contexte et surtout les villes candidates étaient différents. Nous avons interrogé les membres du CIO pour connaître leur ressenti des échecs passés. Mais je suis convaincu que la candidature de Los Angeles peut répondre aux enjeux actuels du CIO et du mouvement olympique. L’un et l’autre ont besoin de retrouver une place parmi la jeunesse. Pour cela, Los Angeles peut les aider, par sa position sur l’épicentre de l’innovation et des startups. Un investissement très important est consenti actuellement par le CIO sur la nouvelle chaîne olympique et sur les plateformes digitales. Nous pouvons l’accompagner et saisir toute cette énergie. Nous voulons organiser des Jeux responsables. Les autres candidatures le veulent aussi, mais nous n’aurons pas à construire de nouveaux équipements. Tous les sites de notre dossier existent déjà ou seront temporaires. Les Jeux que nous proposons ne sont pas seulement un événement sportif, ils engagent la société et capitalisent sur la jeunesse. Au bout du compte, ils ne serviraient pas seulement Los Angeles, ils contribueraient à l’avenir du mouvement olympique.

Vous insistez beaucoup sur l’innovation et les nouvelles technologies. Est-ce votre carte maîtresse ?

Bien sûr. Mais si vous regardez en arrière et étudiez le passé, vous pouvez voir que Los Angeles a été par deux fois à l’origine d’une avancée des Jeux olympiques. En 1932, les Jeux de LA avaient innové en proposant le premier village des athlètes. En 1984, ils ont été les premiers à imaginer une façon de commercialiser l’événement. Cette fois, nous faisons la promesse au mouvement olympique d’organiser les Jeux de la créativité et de l’innovation. Nous voulons profiter de la présence en Californie d’entreprises comme Apple ou Facebook pour faire le pari des nouvelles technologies. La promesse est ambitieuse, mais nous pouvons la tenir.

during a press conference on Day 4 of the Rio 2016 Olympic Games on August 9, 2016 in Rio de Janeiro, Brazil.

Aux Jeux de Rio de Janeiro, en août dernier, le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, a suggéré en conférence de presse que cette candidature pourrait être la dernière des Etats-Unis en cas d’échec. Pourquoi ?

Il est difficile pour une ville et un pays de déployer une telle énergie, pendant une aussi longue campagne de candidature, et finalement échouer. Après les échecs de New York pour les Jeux de 2012, puis Chicago pour 2016, une défaite de Los Angeles aurait des conséquences pour l’avenir du mouvement olympique aux Etats-Unis. Nous aurions sans doute à prendre du recul et nous demander si tout cela vaut vraiment le coup. Notre candidature est financée par des fonds privés. Elle est payée par des gens et des entreprises qui ont la passion des Jeux. Casey Wasserman, le président de LA 2024, et Gene Sykes, le directeur général, ont accompli un travail fantastique pour réunir ces fonds. Mais il pourrait être difficile d’engager à nouveau un tel processus en cas d’échec.

A la différence de la France et de la Hongrie, les Etats-Unis sont représentés par deux membres à la commission exécutive du CIO, Anita DeFrantz et vous-même. Est-ce un avantage ?

Cette présence reflète avant tout notre volonté de retrouver notre place au sein du mouvement olympique. Nous n’étions pas aussi présents dans le passé, mais une partie de nos efforts, ces dernières années, a consisté à renouer le dialogue. Nous avons renégocié le partage des revenus avec le CIO, nous organisons un plus grand nombre d’événements internationaux. La nomination d’Anita DeFrantz à la commission exécutive du CIO, quelques années en arrière, a démontré qu’elle bénéficiait de la confiance et du soutien des autres membres. De mon côté, j’y ai gagné ma place au titre de la commission des athlètes. Je siège à cette commission avant tout pour les représenter et porter leur voix.