— Publié le 29 avril 2014

“L’Afrique doit se vendre comme destination sportive”

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Comment se porte le sport africain? La 8ème édition de la Convention internationale du sport en Afrique (CISA), qui s’ouvre le 1er mai sur l’île de Sal, au Cap-Vert, pourrait apporter son lot de réponses. Cette réunion annuelle de trois jours s’est imposée comme un rendez-vous majeur pour les dirigeants et experts du continent. Son organisateur, Diamil Faye, en a dévoilé à FrancsJeux le programme et les enjeux.

FrancsJeux: Quels seront les temps forts de la 8ème édition de la CISA?

Diamil Faye: L’édition 2014 est placée sous le thème du sport et du tourisme. Nous allons discuter et explorer, pendants trois jours, la façon dont ces deux activités peuvent contribuer au développement de l’Afrique. Notre continent possède des atouts touristiques indéniables, mais il ne sait pas les exploiter. Et il ne sait pas utiliser le sport, ses activités comme ses événements, pour attirer les touristes. L’Afrique compte des milliers de kilomètres de plage, où il fait beau toute l’année. Mais elle n’a jamais su s’imposer comme une destination privilégiée pour les amateurs de sports aquatiques.

Certains pays montrent-ils l’exemple?

L’Afrique du Sud a fait des avancées, notamment à Durban. Et le Cap-Vert s’y met à son tour, en développant des activités sportives sur l’île de Sal. Mais, ailleurs, les pays ne se rendent pas compte des possibilités que peut offrir le sport pour booster le tourisme international. Nous allons essayer de les réveiller. En 2012, les Jeux de Londres ont servi à l’Angleterre pour lancer une campagne de communication et se vendre comme destination touristique. Une telle démarche n’existe pas en Afrique.

Le mouvement sportif africain a-t-il évolué au cours des douze derniers mois, depuis la dernière édition de la CISA?

Un peu, oui. L’ACNOA (Association des comités nationaux olympiques africains) a réussi à installer dans la durée ses Jeux Africains de la Jeunesse. La première édition avait été timide. La prochaine, au Botswana, devrait voir la participation doubler. Mais l’évolution reste lente.

Lamine Diack, le président sénégalais de l’IAAF, quittera ses fonctions l’an prochain. Quels sont aujourd’hui les dirigeants africains qui manifestent l’ambition de s’installer au sommet d’une fédération internationale?

Les ambitions existent sans doute, mais elles sont individuelles. Beaucoup réfléchissent, dans leur coin, mais l’Afrique tarde à porter ses leaders vers les sommets. A la différence d’autres continents, nous n’avons aucune démarche collective. Nous ne nous positionnons pas comme un continent uni dans sa volonté de participer au pouvoir dans le mouvement sportif.

Où en est le projet d’une candidature africaine aux Jeux d’été en 2024?

L’Afrique du Sud réfléchit à la meilleure stratégie. Sa candidature aux Jeux du Commonwealth en 2022 est un début de réponse. Et elle est encouragée dans cette démarche. Les autres capitales africaines qui auraient des velléités de se lancer dans la bataille doivent se dépêcher. Mais, très objectivement, l’option sud-africaine reste de loin la meilleure pour le continent.

L’Afrique du Sud sera-t-elle unie derrière une candidature de Durban?

Elle devra l’être. Nous ne pourrons pas nous permettre d’être divisés dans une telle aventure. L’Afrique devra montrer au reste du monde l’image d’un continent soudé et solidaire. La candidature devra être forte. Mais, pour y parvenir, l’Afrique du Sud aura un rôle important à jouer, elle devra rallier à sa cause tous les autres pays.