
Photo : CNOSF.
« Il paraît qu’il y a des gens qui ont des idées raisonnables… Il paraît même qu’il y en a qui ne sortent jamais de leur zone de confort… Bon à savoir. » Voici ce qu’écrivait Nathalie Péchalat il y a quelques semaines sur Instagram. Ses mots se rapportaient à un tout autre projet, mais ils pourraient coller parfaitement avec une mission à la tête du COJOP. Son nom est cité pour prendre la relève d’Edgar Grospiron, dont la sortie a été confirmée jeudi. L’Élysée « souhaite une incarnation sportive » selon Le Parisien, et elle apparaît comme une figure crédible.
Trois JO comme athlète, la FFSG et le Club France
Ayant participé à trois Jeux olympiques d’hiver en danse sur glace, elle est bien placée pour connaître les attentes des athlètes lors d’un événement de cette ampleur. Elle était aussi cheffe de mission lors des Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022. C’est clair : elle n’arrive pas en terre inconnue pour ce qui concerne le volet sportif. Mais les Jeux, c’est bien plus que cela. Le mandat d’Edgar Grospiron l’a montré : être président du COJOP, c’est aussi (et surtout) du management, de la communication et de la politique.
Elle a pu se frotter à ces aspects pendant ses deux ans à la tête de la Fédération française des sports de glace (2020-2022), marqués par des crises – les suites du scandale de violences sexuelles qui ont poussé son prédécesseur Didier Gailhaguet vers la sortie et la pandémie de Covid-19. Cela lui a permis d’en apprendre plus sur le fonctionnement administratif d’une fédération, la recherche de partenaires, la gestion d’un budget, etc. « J’apprends les codes inhérents à la fonction », assumait-elle en mai 2020. Son bagage en est indéniablement ressorti plus épais.
Elle a aussi vécu une expérience riche en enseignements lors de Paris 2024. En tant que présidente déléguée du Club France, elle a piloté la conceptualisation, la gestion et l’animation du lieu qui a accueilli 600.000 visiteurs uniques pendant les JO. En parallèle, elle avait intégré le Bureau exécutif élargi du CNOSF en 2023, nouant ainsi des liens non négligeables avec l’une des parties prenantes des prochains Jeux d’hiver.
« Si elle accepte une responsabilité, elle fait tout pour que ça marche »
Dominique Rabbé était trésorière générale de la FFSG pendant la présidence de Nathalie Péchalat. Elle garde un souvenir très positif de leur collaboration. « Bien sûr, en arrivant, elle ne connaissait pas tous les rouages, mais elle s’y est mise très vite. C’est quelqu’un de très motivé, passionné. Si elle accepte une responsabilité, elle fait tout pour que ça marche. Ce qui est agréable, c’est qu’elle est à l’écoute. Elle a des idées, mais elle est aussi capable de dire qu’elle ne sait pas et elle écoute ce qu’on dit. Ce n’est pas le cas de tout le monde », confie-t-elle à Francs Jeux.
« Ce qui était important quand elle est arrivée, c’était de redonner une image positive de notre fédération, ce qu’elle a fait en quelques semaines, et de retrouver des sponsors, que la fédération soit reconnue à l’extérieur. Elle l’a fait très bien et rapidement », poursuit Dominique Rabbé. Cela tombe bien, la recherche de partenaires sera l’un des grands enjeux des prochains mois. « Elle s’est très vite impliquée, dans tous les dossiers. Elle ne faisait pas tout, elle est capable de déléguer, et c’est aussi un élément important, mais elle suivait tous les dossiers. On a eu à organiser les Championnats du monde en très peu de temps, à Montpellier, il a fallu qu’elle rencontre les élus. Tous les contacts politiques, elle les avait en direct. Elle a assisté et mené toutes les rencontres politiques. » Cela peut compter dans un dossier comme celui des Alpes 2030, où il faut composer avec deux régions hôtes.
Dominique Rabbé échange encore régulièrement avec Nathalie Péchalat, et estime qu’elle a le profil pour succéder à Edgar Grospiron : « Elle est capable de fédérer, elle l’a montré dans d’autres circonstances. Depuis deux ans, elle est présidente de l’association Premiers de Cordée, ça se passe super bien. Quand elle était chargée du Club France, ça s’est super bien passé. Elle est tout à fait capable de tenir ce poste. Elle ne sera pas toute seule, l’important est de pouvoir fédérer et de coordonner toutes les actions. »
Nathalie Péchalat avait candidaté au début de l’année 2025, quand Martin Fourcade s’était retiré. « J’ai marqué dès le début en 2023 mon intérêt mon intérêt pour le dossier Alpes françaises 2030 que j’ai suivi comme membre du bureau exécutif du CNOSF en le regardant comme une formidable opportunité avec ces Jeux pour réinventer la montagne française face aux enjeux climatiques », expliquait-elle au Dauphiné, en ajoutant qu’elle n’avait « pas peur des dossiers difficiles ». Pour s’engager dans ces Jeux d’hiver 2030, cela vaut mieux. Contactée par Francs Jeux, elle ne fait pas acte de candidature, mais laisse la porte ouverte : « J’estime que c’est au bureau – les deux régions, le gouvernement, le CNOSF, le CPSF – de se mettre d’accord sur le profil qu’il recherche, et après de prendre les bonnes décisions. La balle n’est pas du tout dans mon camp. Les décideurs doivent se prononcer. »

