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— Publié le 12 janvier 2022

Non vaccinée, elle passera 21 jours en quarantaine aux Jeux de Pékin

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En plein feuilleton Novak Djokovic, l’affaire prend une certaine dimension. Au moins une athlète étrangère pourrait être soumise à une quarantaine de 21 jours à son arrivée à Pékin pour les Jeux d’hiver 2022. La surfeuse suisse Patrizia Kummer (photo ci-dessus), 34 ans, championne olympique du géant parallèle aux Jeux de Sotchi en 2014, n’est pas vaccinée contre le COVID-19. Mais à la différence du numéro 1 mondial du tennis, elle ne demande aucune exemption.

Son choix de refuser le vaccin, Patrizia Kummer l’explique avec des mots simples. “C’est une décision que j’ai prise en mon âme et conscience pour le bien de mon corps, confie-t-elle. Je suis prête à effectuer une quarantaine, sachant que je ne peux pas changer les règles.

Pour rappel, les autorités chinoises exigent un parcours vaccinal complet pour entrer dans le pays sans quarantaine à l’occasion des Jeux d’hiver de Pékin. Dans le cas contraire, toute personne accréditée sera soumise à une période d’isolement de 21 jours avant de pouvoir entrer dans la bulle sanitaire.

La Suissesse le sait. Elle se dit prête à accepter l’épreuve. Mais le respect des règles sanitaires énoncées dans les deux versions du playbook publié par les organisateurs se révèle plus complexe que prévu.

Premier obstacle : le timing. L’épreuve du géant parallèle de snowboard est programmée en première semaine des Jeux de Pékin, mardi 8 février. Patrizia Kummer devra s’envoler pour la Chine au plus tard dimanche 16 janvier, afin d’avoir le temps de boucler ses 21 jours d’isolement avant de chausser son surf des neiges.

Mais, difficulté supplémentaire, il lui faut avant cela décrocher sa sélection définitive pour les Jeux d’hiver 2022. Faute de présenter un parcours vaccinal complet, la Suissesse n’a pas été autorisée à participer à deux étapes de la Coupe du Monde, les géants de Carezza et de Cortina d’Ampezzo, en Italie, disputés en décembre dernier. Il lui reste une seule compétition, le géant de Scuol, prévu samedi en Suisse, pour gagner des points et valider son billet pour les Jeux.

Autre difficulté : un flou intégral sur les conditions d’isolement prévues par les Chinois pour les très rares accrédités non vaccinés. Selon le site skiactu, la Fédération suisse de ski (Swiss-ski) et le comité national olympique (Swiss Olympic) s’activent pour obtenir des informations, auprès du comité d’organisation et du CIO, sur le niveau de l’hôtel de quarantaine et la nature précise du séjour. Mais ils n’ont encore reçu aucune vraie réponse.

A quelques jours d’un présumé départ pour la Chine, Patrizia Kummer ne sait donc pas si l’hôtel choisi par les organisateurs sera équipé d’une salle de sport, et surtout si elle aurait l’usage Elle ignore la taille de sa chambre. Elle n’a pas la moindre information sur la qualité des repas qui lui seront servis.

Je préfère ne pas y penser“, abrège la jeune femme. En attendant, la Valaisanne multiplie les précautions pour ne pas être infectée par le virus, mais aussi pour en protéger les autres. Elle explique observer un mode de vie très strict, en respectant les gestes barrières et la distanciation sociale. Elle avoue se faire tester tous les deux jours depuis plusieurs semaines.

Patrizia Kummer l’a avoué à skiactu : elle ne changera pas de position. “Je ne suis pas contre le vaccin et je respecte totalement les gens qui le font. Mais de mon côté, j’ai estimé que c’était le mieux pour mon corps de ne pas le faire.

A ce jour, elle est la seule potentielle sélectionnée olympique, tous pays confondus, connue pour se rendre aux Jeux de Pékin sans être vaccinée. La seule, donc, à se préparer à vivre trois semaines en isolement avant de prendre le départ de son épreuve. Unique et courageux.