— Publié le 2 mars 2016

L’Euro 2016, pas encore né et déjà richissime

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Un absent a tenu bien malgré lui la vedette, ce mercredi 2 mars, à la conférence de presse marquant 100 jours avant le début de l’Euro 2016 de football en France. Son nom: Michel Platini. Absent dans la salle, le studio 104 de la Maison de Radio France, à Paris, mais présent dans les esprits. Présent, également, dans les propos tenus au pupitre. “Sa place était ici”, a suggéré Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football. “J’ai une pensée pour Michel, il aurait dû être là aujourd’hui, comme il l’était le 10 juin dernier pour marquer J – 365 avant le début de l’Euro”, a expliqué Jacques Lambert, le président du comité d’organisation, avant de lâcher en haussant le ton d’un bémol: “Michel, on t’attend et on te garde ta place au chaud.”

Avec ou sans Michel Platini, le tournoi européen affiche une éclatante santé. A l’heure où les Jeux de Rio, l’autre événement majeur du calendrier sportif en 2016, en sont réduits à faire les fonds de tiroir, l’Euro de football joue les premiers de la classe. A 100 jours du match d’ouverture, les clignotants sont au vert.

Jacques Lambert n’a pas eu à forcer son talent d’orateur pour obtenir une écoute attentive et recueillie de l’auditoire. Ses chiffres l’ont fait pour lui. A un peu plus de 3 mois du début, l’Euro de football a déjà dépensé 204 millions d’euros, un pactole venu pour l’essentiel gonfler les caisses de l’économie française. En ces temps de vaches maigres, la performance est respectable. Il lui reste 116 millions à claquer dans les prochains mois, pour atteindre son budget prévisionnel de 320 millions d’euros. La SAS Euro 2016 a fait travailler un millier d’entreprises prestataires, dont 60% françaises.

En termes de retombées économiques, la copie reste quasi parfaite. L’événement est censé générer 1,2 milliards d’euros en “impact positif”. Il devrait également rapporter à l’Etat français 180 millions d’euros de retombées fiscales positives. Enfin, il doit permettre la création de 26 000 emplois à temps plein.

A ce jour, le comité d’organisation compte 226 salariés, représentant 12 nationalités. Moyenne d’âge: 32 ans. Pendant les quatre semaines du tournoi, ses effectifs grimperont jusqu’à 642 personnes. Premier secteur d’emplois: les opération sur sites, où sont actuellement attachées 75 personnes.

Jacques Lambert n’en fait pas mystère: la billetterie cartonne. A un point tel que les déçus se comptent par millions. Les 2 millions de billets proposés au grand public ont tous trouvé preneurs. Ils sont partis vers 200 territoires, preuve que le foot européen fait rêver bien au-delà du Vieux Continent. Le comité d’organisation a reçu des demandes pour l’équivalent de 16 millions de places. Bluffant. Deux billets sur 3 ont été achetés à l’étranger. Surprise: la Pologne figure en tête des pays pour le nombre de demandes. Autre chiffre, à peine plus anecdotique: 8% des Islandais ont tenté d’acheter une place pour l’Euro 2016.

Reste un sujet brûlant, à manier avec prudence: la sécurité. “Elle ne m’empêche pas de dormir, mais elle demeure notre préoccupation essentielle”, résume Jacques Lambert. Le président du comité d’organisation se veut rassurant. Là aussi, ses chiffres font le boulot à sa place: 10 000 personnes seront mobilisées pour la sécurité de l’événement. En moyenne, un match de l’Euro réclamera la présence de 900 agents, des effectifs supérieurs de 30% à la norme pour une rencontre internationale de football. Un double périmètre de sûreté sera mis en place autour des stades. Les demandes d’accréditation feront l’objet d’un “criblage”. Depuis les attentats terroristes du 13 novembre 2015 à Paris, le budget sécurité de l’Euro a été augmenté de 15%. Prudence, prudence.