Institutions - 06/08/2019

Pour la FIFA, l’avenir pourrait se jouer hors de la Suisse

La Suisse aurait-elle perdu de son attractivité pour les grandes organisations sportives internationales ? Selon plusieurs sources, la FIFA pourrait bientôt quitter Zurich, où elle a élu résidence depuis près de 90 ans. Elle ne serait pas la seule à envisager un départ.

Certes, le CIO se sent comme chez lui sur les rives du lac Léman. L’organisation olympique a inauguré en grande pompe son nouveau siège, le 23 juin dernier, réunissant ainsi pour la première fois l’ensemble de son personnel sous un même toit.

Mais la FIFA, l’autre mastodonte du sport mondial, se penche très sérieusement sur la question d’un déménagement hors de la Suisse. Selon le New York Times, citant deux sources proches du dossier, Gianni Infantino aurait confié à certains de ses collaborateurs de confiance la mission d’étudier la possibilité d’un changement de terre d’accueil.

Créée à Paris en 1904, la FIFA s’est installée à Zurich en 1932. Depuis, elle n’en a jamais bougé. Mais les temps évoluent. En Suisse, l’institution internationale du football serait confrontée à une double difficulté : le recrutement de personnel non suisse, rendu souvent très compliqué par la législation helvétique ; et la culture du secret de la loi suisse, jugée désormais peu compatible avec la volonté de transparence de la FIFA version Infantino.

Les démarches ne font que débuter. Rien n’est encore fait. Et tout reste possible à ce stade du processus, y compris un déménagement seulement partiel de la FIFA, voire pas de déménagement du tout. Mais les discussions sont en cours avec plusieurs pays. Parmi les options à l’étude, un retour à la case départ, à Paris.

Dans tous les cas, la FIFA devra pouvoir compter sur la présence proche de son siège d’un aéroport international, mais également sur des conditions fiscales avantageuses, et enfin sur une législation du travail lui permettant de recruter du personnel venant d’un peu partout dans le monde. Pas simple.

Pour la ville de Zurich, et plus largement pour la Suisse, un départ de la FIFA constituerait un coup dur. Selon une étude publiée en 2015, les organisations sportives basées dans le pays rapporteraient plus d’un milliard de dollars par an à l’économie nationale. Parmi elles, la FIFA figure en bonne position en termes de fiscalité, de dépenses et de cotisations.

Une autre fédération internationale pourrait elle aussi boucler bientôt ses malles et aller respirer un autre air que celui de la Suisse. L’ITTF, l’institution en charge du tennis de table, actuellement domiciliée à Lausanne, a lancé en février dernier un appel à candidatures. Elle souhaite trouver une ville où installer non seulement son siège mondial, mais également un centre d’entraînement et une structure dédiée à la haute performance.

La procédure est en cours. Une équipe de l’ITTF doit visiter les villes candidates avant la fin de l’année. Selon plusieurs sources, Singapour constituerait une sérieuse option. La ville asiatique abrite déjà le siège de l’ITTF pour l’Asie et le Pacifique, où est employée la moitié des effectifs actuels de l’organisation.

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