Institutions - 09/08/2018

Au CIO, les femmes poussent les murs

L’égalité n’est pas encore parfaite, mais elle s’en rapproche pas à pas. Le CIO a dévoilé mercredi 8 août, 10 ans jour pour jour après la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin 2008, la composition de ses multiples commissions pour l’année 2018. Elle traduit une nouvelle avancée dans l’oeuvre de féminisation de l’institution olympique.

Le CIO a fait ses comptes : le casting réserve 30 places supplémentaires pour les femmes. Au total, elles représentent désormais 42,7 % des postes dans les 26 commissions de l’organisation. « Un record historique », se félicite le communiqué publié depuis Lausanne. Il précise également que l’actuel pourcentage représente une augmentation de 16,8 % du nombre de femmes par rapport à l’année 2017, et une progression de 98 % depuis 2013.

Bravo. Mais l’institution partait de loin, à l’image du mouvement olympique dans son ensemble. Pour rappel, une seule fédération internationale d’un sport olympique, l’ITU (triathlon), est actuellement présidée par une femme, l’Espagnole Marisol Casado.

Prochaine étape ? L’élection d’une femme à la présidence du CIO. Pas gagné d’avance.

Autre avancée, à classer dans la rubrique « Universalité » : une augmentation du nombre de membres des commissions originaires d’Afrique et d’Océanie.

Commentaire de Thomas Bach : « Le CIO poursuit son objectif d’augmentation de la participation féminine et d’amélioration de la représentation géographique à chaque échelon du mouvement olympique. Nous avons fait des progrès significatifs ces dernières années et nous continuons sur notre lancée. L’universalité est au cœur du mouvement olympique et c’est cette force que nous puisons dans la diversité qui nous unit tous. »

Précision : les nouveaux membres des commissions devront prendre leur mal en patience avant d’étrenner leur statut. Pas la moindre réunion à se mettre sous la dent cette année. La faute aux Jeux olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires, au mois d’octobre 2018. Mais tout ce petit monde se retrouvera à Lausanne du 14 au 20 janvier 2019, au titre d’une année 2018 décalée dans le temps. Le CIO l’explique : le calendrier habituel sera respecté l’an prochain, avec une révision de la composition des commissions au printemps, puis l’organisation de la semaine de réunions en novembre 2019.

Pour le reste, que faut-il retenir de la nouvelle distribution des cartes opérée par le CIO ? Plusieurs choses:

  • La perte d’influence de Dick Pound se confirme. Le dirigeant canadien, un historique du CIO (il y est entré en 1978), disparaît de la liste des membres de commission des Affaires juridiques, l’une des plus décisives du mouvement. Très critique à l’égard de l’organisation, notamment sur le dossier russe, Dick Pound conserve sa place dans les commissions Communication et Marketing.
  • Anant Singh, le producteur de cinéma sud-africain, s’installe en bout de table, dans le fauteuil de président, à la commission Communication. Il remplace le Néerlandais Camiel Eurlings, l’ancien PDG du groupe KLM, démissionnaire de toutes ses fonctions au CIO en janvier dernier, à la suite d’une affaire de violences conjugales.
  • Le comité d’organisation des Jeux de Paris 2024 avance ses pions. Certes, son président, Tony Estanguet, perd sa place au sein de la commission des Affaires légales. Mais sa nouvelle directrice de la communication, Anne Descamps, intègre la commission Communication. Elle y croisera un autre nouveau venu, le Britannique Martin Sorrell, l’ancien directeur exécutif de l’agence de publicité WPP.
  • L’Israélien Alex Gilady conserve toutes ses casquettes, dans les commissions Communication, Affaires publiques et développement social par le sport, Coordination des Jeux de Tokyo 2020 et Paris 2024. Il fait pourtant l’objet, depuis novembre dernier, d’une double accusation de harcèlement sexuel dans son propre pays.

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