Candidatures - 02/07/2013

A Lausanne, deux jours pour convaincre

Le calme de ses artères et la quiétude de son lac peuvent se révéler trompeurs. A Lausanne, ces deux prochains jours, il règnera fièvre et agitation dans les couloirs feutrés du siège du CIO. Les six candidats à la succession de Jacques Rogge sur le fauteuil présidentiel, ainsi que les trois villes en lice pour les Jeux d’été de 2020, passeront leur grand oral, à deux mois des élections à Buenos Aires.

La session extraordinaire du CIO, prévue les 3 et 4 juillet, s’annonce sans répit. En ouverture, une présentation des dossiers d’Istanbul, Madrid et Tokyo, les trois finalistes pour l’organisation des Jeux d’été de 2020. Leurs équipes respectives sont déjà rompues à l’art subtil de la campagne, pour avoir répété leur exercice face à la commission exécutive, le 30 mai dernier à Saint-Pétersbourg, puis face aux 200 comités olympiques nationaux le 15 juin à Lausanne. Mais, cette fois, l’obstacle s’annonce encore plus décisif puisque leur auditoire sera composé des votants de l’Assemblée générale élective, le 7 septembre à Buenos Aires.

Sans présager de l’issue des débats, et de la session de questions/réponses prévue le lendemain, on peut imaginer que Tokyo jouera une nouvelle fois la carte de la sécurité, économique et politique, d’une candidature faite pour les sportifs, et de la compacité de sites pour la plupart déjà construits. Classique, à tous les sens du terme. Sans surprise, ni bonne ni mauvaise.

Madrid, de son côté, répétera comme un refrain les conclusions de la commission d’évaluation, à savoir que les difficultés économiques actuelles de l’Espagne auront peu d’influence sur un évènement olympique organisé dans sept longues années.

Enfin, Istanbul devra s’employer pour réparer les dommages causés à sa candidature par la vague de contestation qui a secoué la Turquie en juin. Son équipe devra également convaincre les membres du CIO que le risque de « congestion » pointé par la commission d’évaluation dans son rapport technique ne pèsera plus très lourd à l’époque des Jeux.

L’autre bataille, aussi furieuse et indécise, oppose les six candidats à la présidence du CIO. En clôture de la session extraordinaire, jeudi 4 juillet, l’Allemand Thomas Bach, l’Ukrainien Sergey Bubka, le Portoricain Richard Carrion, le Singapourien Ser Miang Ng, le Suisse Denis Oswald et le Taïwainais Ching-Kuo Wu défileront à la tribune pour exposer oralement, pour la première fois devant leurs pairs, leur vision de l’avenir du mouvement olympique.

L’’exercice se fera à huis clos. Il pourrait, dit-on, permettre de redistribuer les cartes entre les six prétendants, qui sont soumis à de très strictes règles de campagne jusqu’à l’élection, le 10 septembre dans la capitale argentine.

A l’agenda de ces deux longues journées, deux autres temps forts : l’élection de la ville-hôte des Jeux olympiques de la Jeunesse d’été en 2018, une bataille à trois entre Glasgow (Ecosse), Medellin (Colombie), et Buenos Aires (Argentine). Et, enfin, l’intronisation officielle des quatre nouveaux membres, tous athlètes, élus lors des Jeux de Londres : le Français Tony Estanguet, la Slovaque Danka Bartekova, l’Australien James Tomkins et la Zimbabwéenne Kirsty Coventry. Ouf !

Crédit Photo Lausanne Capitale Olympique

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