Institutions - 09/04/2013

Le Japon ne veut pas boire la TAS

Le sort des Jeux d’été de 2020 se joue peut-être (un peu) aujourd’hui et demain, à Lausanne, dans les salons feutrés d’un élégant hôtel particulier. Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) y étudie l’appel du Japonais Koji Murofushi, et de son comité national olympique, contre la décision du CIO d’invalider l’élection du lanceur de marteau à la commission des athlètes.

Rappel des faits. Aux Jeux de Londres, l’été dernier, le nom de Koji Murofushi, champion olympique du marteau en 2004 et médaillé de bronze huit ans plus tard, sort des urnes parmi les quatre candidats appelés à représenter les athlètes au sein du CIO. Avec lui, le vote organisé au sein du village désigne la tireuse slovaque Danka Bartekova, le rameur australien James Tomkins et le Taïwanais Mu-Yen Chu, spécialiste du taekwondo. Mais, le jour même des résultats de l’élection, le CIO décide d’en suspendre provisoirement les résultats. Motif : deux des élus, Koji Murofushi et Mu-Yen Chu, auraient fait campagne pour obtenir les voix de leurs pairs. Une initiative interdite par le règlement olympique.

Les deux « fautifs » sont donc exclus. Une décision qui fait les affaires des deux suivants dans la liste des candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix : la nageuse du Zimbabwe, Kirsty Coventry, et le triple champion olympique de canoë, le Français Tony Estanguet.

Sans surprise, Mu-Yen Chu et Koji Murofushi ont fait appel de leur exclusion devant le TAS. L’audience du premier n’a rien donné. En mars dernier, les experts du tribunal suisse ont rejeté sa demande. Un verdict qui assure à Kirsty Coventry une place au sein de la commission des athlètes du CIO. Bis repetitae pour le second ? On peut l’imaginer. Il est en effet reproché la même infraction aux deux Asiatiques, avoir tenté de gagner des voix en faisant campagne. Mais Tony Estanguet, le premier concerné par la décision du TAS, ne crie pas victoire trop tôt. « Le comité olympique japonais me semble mieux armé que celui de Taïwan, a-t-il confié à FrancsJeux. Je me garderais bien de penser que le verdict du TAS sera forcément identique. »

Surtout, l’enjeu n’est pas le même. En contraignant le CIO à revenir sur sa décision et accepter Koji Murofushi parmi ses membres, le Japon verrait son influence grandir au sein de l’institution olympique. Une influence aujourd’hui limitée, le géant asiatique comptant un seul représentant au CIO, Tsunekazu Takeda. A quelques mois du vote pour la désignation de la ville hôte des Jeux de 2020, où Tokyo est en concurrence avec Istanbul et Madrid, la décision du TAS s’annonce décisive.

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