Candidatures - 18/03/2013

A Madrid, on croit encore aux miracles

Après Tokyo, et avant Istanbul, la petite troupe de la commission d’évaluation du CIO fait étape à Madrid, capitale de l’Espagne et ville candidate à l’organisation des Jeux d’été de 2020. Une visite de quatre jours (18 au 21 mars), menée au pas de course, sans répit ni temps mort. Avec un objectif : « évaluer » les chances madrilènes de décrocher la timbale, en septembre prochain, lors du vote des 101 membres de l’institution olympique. En clair, passer au microscope les chapitres jugés les plus décisifs du dossier espagnol : finances, transports, marketing, sites de compétition, héritage, sécurité…

Soyons clair : Madrid vogue actuellement, à un peu moins de six mois de la décision, en dernière position des trois candidats. Istanbul et Tokyo feraient la course en tête. La capitale espagnole serait plombée par la situation économique d’un pays où le taux de chômage atteint 26% et l’inflation flirte avec les 4%. Pour une bonne partie des Espagnols, organiser les Jeux d’été ne constitue pas une priorité. Ils sont même nombreux à juger le projet irréaliste.

Il n’empêche, la candidature de Madrid n’est pas encore battue d’avance. Primo, le CIO a souvent réservé des surprises, et on sait que ses membres apprécient les villes patientes et obstinées. Or, la capitale ibérique avait postulé pour les Jeux de 2012, puis encore pour ceux de 2016. Deuxio, l’influence de certains de ses dirigeants n’est plus à démontrer, à commencer par Juan Antonio Samaranch Jr., digne fils de son père et premier porte-drapeau de Madrid 2020.

Tertio, Jacques Rogge lui-même l’a assuré dans une interview récente au quotidien El Mundo : « La crise économique n’affectera pas Madrid 2020 car 80% des installations olympiques y sont déjà construites. » L’effort budgétaire, en cas de victoire, y serait « seulement » de 1,7 milliards d’euros. Enfin, l’Espagne insiste depuis plusieurs mois sur l’effet dit salvateur, voire miraculeux, que pourrait avoir un tel projet sur sa situation économique. Un argument qui pourrait, qui sait, être entendu par une majorité de membres du CIO.

A l’heure où débute la visite de la commission d’évaluation, on sait encore peu de choses de son déroulé et de son programme. La délégation conduite par le Britannique Craig Reedie devrait visiter une douzaine des installations olympiques. Elle à pris ses quartiers à l’hôtel Eurostars, un établissement ultramoderne. Seule concession au règlement du CIO, interdisant aux villes candidates d’offrir cadeaux et privilèges aux envoyés olympiques : les experts de la commission pourront profiter, pendant leur séjour espagnol, de la formule « spa et bien-être » proposée par leur hôtel.

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