Institutions - 12/02/2013

Le CIO met la lutte KO

Le Comité International Olympique n’a jamais été avare de surprises. Il l’a encore prouvé, ce mardi 12 février 2013, lors de l’annonce à Lausanne du sport dont la présence aux Jeux d’été pourrait bien prendre fin à Rio en 2016. On attendait le taekwondo ou le pentathlon moderne. Mais la commission exécutive du CIO a sorti de son chapeau le nom de la lutte, proposant de l’exclure des Jeux de 2020.

La décision peut surprendre. Ces dernières semaines, la lutte n’avait jamais été citée parmi les sports les plus menacés, à la différence du pentathlon moderne, jugé trop élitiste et pas assez universel, et du taekwondo, moins international que le karaté. La lutte figure au programme des Jeux depuis Athènes 1896. Autant dire depuis toujours. En 2004, la discipline avait connu un nouveau coup d’accélérateur avec le choix du CIO d’accepter sa version féminine dans le programme olympique des JO d’Athènes.

Certes, l’exclusion de la lutte n’est pas encore officielle. Selon le processus, rappelé mardi lors d’une conférence de presse par Mark Adams, porte-parole du CIO, la décision de la commission exécutive n’est rien de plus qu’une recommandation. Elle doit être entérinée en mai prochain, à Saint-Pétersbourg, où doit se tenir une nouvelle session de l’institution olympique. Une chose est sûre : l’avenir de ce sport ancestral, dont les premiers signes remontent à la Grèce Antique, s’écrit désormais en pointillé. Il rejoint la liste des sept sports candidats aux Jeux de 2020 : karaté, escalade, baseball/softball, roller, squash, wushu et wakeboard. Mais on imagine mal comment la lutte pourrait retrouver sa place quelques semaines après l’avoir perdue.

Lancé depuis un an, le processus qui a conduit la commission exécutive du CIO à proposer l’exclusion de la lutte reposait sur une liste de 39 critères. Parmi eux, l’universalité du sport, sa popularité, sa bonne gouvernance, son impact télévisuel… Lesquels ont précipité la lutte dans le camp des perdants ? Le CIO se refuse à répondre.

En attendant, il apparait clair que la mise hors Jeux de la lutte muscle les chances du karaté de faire son entrée aux Jeux. Un sport de combat s’efface, un autre le remplace. Logique et cohérent. Autre enseignement : la décision du CIO ne fait pas les affaires de la candidature d’Istanbul aux Jeux de 2020. Depuis l’origine des Jeux, la Turquie figure au 4ème rang des pays ayant remporté le plus de médailles dans cette discipline, derrière les Etats-Unis, l’Union Soviétique et la Suède. Elle a décroché 55 médailles, dont 27 en or. A Istanbul, en 2020, la lutte aurait constitué l’un des temps forts de la quinzaine olympique.

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