— Publié le 1 février 2026

Le pentathlon moderne poursuit sa mue

Institutions Focus

L’Union internationale de pentathlon moderne a pris un tournant radical en remplaçant l’équitation par l’obstacle… et ce n’est pas fini. Mercredi, le président Rob Stull a annoncé de nouvelles mesures destinées à pimenter encore davantage son sport : la réduction de la distance de l’épreuve de natation, qui passe de 200 à 100 mètres, et l’augmentation de celle du laser run pour y intégrer une cinquième série de tir. Il s’en est expliqué auprès de plusieurs médias, dont Francs Jeux.

Ajouter de la dramaturgie

La saison 2025 a été « très, très réussie », mais l’UIPM voit encore plus grand. La commission de l’UIPM en charge de l’innovation, présidée par Ivar Sisniega, ancien pentathlète et actuel président de la Fédération mexicaine de football, a réfléchi. L’UIPM s’est aussi nourrie de ses échanges avec les membres du CIO présents lors de ses Championnats du monde 2025 à Kaunas. « Comment garder le sport compact ? Comment le garder dynamique ? Comment maintenir le niveau d’excitation ? Comment conserver le format de 90 minutes ? Qu’est-ce que nous faisons bien, qu’est-ce nous faisons mal ? Que pouvons-nous faire pour améliorer les choses ? » Voilà toutes les questions que Rob Stull et son équipe se sont posées.

« Franchement, le 100 mètres est une course plus passionnante » que le 200 mètres, affirme le président de l’UIPM. « Oui, elle est plus courte, ce qui permet de rester sous la barre des 90 minutes de compétition, mais elle apporte aussi beaucoup plus d’excitation. » Quant au laser run, le dirigeant insiste : « Le tir, c’est la dramaturgie. On divise la natation par deux et on ajoute de la dramaturgie du laser run en l’augmentant de 25 %, avec cinq tirs plutôt que quatre. » Le biathlon montre chaque week-end à quel point le pas de tir peut captiver et enflammer le public, alors mettre l’accent sur cette partie de la course paraît intéresser à tester.

Coubertin comme boussole

L’UIPM ne va pas s’arrêter là. Rob Stull a exprimé son intention de se pencher sur la période de transition entre les différentes disciplines. « Elle est très courte, elle ne dure que quelques minutes, mais nous essayons de rendre même cette période de transition passionnante », explique-t-il, désirant que le public garde les yeux rivés sur les athlètes. « Si vous regardez les dernières minutes du Super Bowl et que le score est serré, tout le monde suit ce qui se passe sur le terrain, personne n’a envie de parler à ses voisins à ce moment-là. Nous essayons de créer ce niveau d’excitation, afin que pendant ces 90 minutes, vous restiez concentré sur l’événement. C’est notre mantra. »

« Nous avons encore plus d’idées innovantes », promet-il, affichant l’objectif de rendre les différentes disciplines « plus dynamiques, plus passionnantes et plus intéressantes pour les spectateurs et les diffuseurs, dans le but d’apporter une valeur ajoutée aux Jeux olympiques ». Toujours avec l’héritage du baron Pierre de Coubertin comme boussole. « Nous sommes très soucieux de la vision de Coubertin, c’est très important pour nous. On vient tous de quelque part, on ne peut pas l’ignorer. » Avec les changements de formats ici évoqués, le pentathlon moderne devient « plus dynamique », tout en respectant l’idéal de Coubertin de couronner « l’athlète le plus polyvalent au monde ». Rendez-vous au Caire, du 8 au 12 avril, pour mesurer les effets de ces nouveautés à l’occasion de la première Coupe du monde de la saison.