— Publié le 6 octobre 2026

Quel bilan pour les Jeux asiatiques d'Aichi-Nagoya 2026 ?

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À moins de deux ans des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, le cycle des Jeux continentaux vient de s’ouvrir en Asie. Le Japon a accueilli les Jeux asiatiques d’Aichi-Nagoya 2026, qui ont rassemblé quelque 11.000 athlètes de 45 pays pendant 16 jours. La compétition a permis d’entretenir la flamme des JO 2020 puisque plusieurs sites olympiques ont été utilisés, notamment le vélodrome d’Izu et le centre aquatique de Tokyo. Elle a aussi permis quelques innovations, même si le bilan n’est pas tout rose.

Un village flottant controversé, le teqball, le padel et le MMA dans le grand bain

Quarante CNO sont montés sur le podium et plus de 50 records du monde ont été battus, signe de la vitalité sportive du continent asiatique. Parmi les 43 sports et les 71 disciplines du programme, figurait l’eSport. Un cas unique à l’échelle des Jeux continentaux. Avec onze jeux en compétition, soit quatre de plus qu’à Hangzhou 2022, l’Asie a réaffirmé son positionnement et son goût pour les nouveautés. Ces Jeux asiatiques ont par ailleurs été les premiers pour le padel et le teqball, deux sports qui revendiquent leur ambition olympique. Autre novice : le MMA, dont l’apparition a comblé la Fédération internationale.

Aichi-Nagoya 2026 restera aussi dans les mémoires pour son « village flottant ». Le Costa Serena, un navire de croisière, a hébergé quelque 4.000 athlètes et officiels dans le port de Nagoya. Un choix avant tout économique, pour éviter de construire un village de zéro, qui pourrait servir de modèle à l’avenir selon le comité d’organisation. Le navire n’a cependant pas fait l’unanimité auprès des premiers concernés. Le joueur indien de badminton H.S. Prannoy a regretté l’absence de village traditionnel et donc le manque de contacts avec d’autres athlètes. Certains étaient logés dans des hôtels, Il a aussi jugé l’expérience « médiocre » en termes de logement et de transport, soulignant le contraste avec l’édition précédente en Chine.

Le président du Comité olympique sud-coréen, Ryu Seung-min, s’est montré tout aussi cinglant, énervé de constater les répercussions sur les athlètes : « Si la note la plus basse possible pour le comité d’organisation est un C, je leur attribuerais un C. S’il était possible de leur donner un F, je leur attribuerais un F. » Dans un autre domaine, la compétition a été entaché de huit contrôles antidopage positifs, ce qui n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour la crédibilité du sport asiatique.

Husain Al Musallam, directeur général du Conseil olympique d’Asie, a préféré voir le verre à moitié plein. Il s’est dit « très fier du succès » de ces Jeux, à tous les niveaux. L’OCA a rapporté des audiences satisfaisantes et annoncé que les revenus du marketing, du sponsoring et des droits TV ont grimpé de 19% par rapport à Hangzhou 2022. « Nous sommes heureux de constater que le comité d’organisation n’est pas confronté à une lourde charge financière et qu’il n’y a pas d’éléphant blanc à Nagoya ni ailleurs », a-t-il ajouté. La prochaine édition est prévue à Doha en 2030. À moins que l’événement soit décalé à 2031, un an avant les Jeux olympiques, pour que l’Asie s’aligne sur les autres Jeux continentaux. Des discussions sont en cours et le comité d’organisation qatarien s’est montré ouvert à cette idée.