Morinari Watanabe n’a pas réussi à convaincre les membres du CIO de l’élire pour succéder à Thomas Bach en mars dernier, mais le Japonais a eu de quoi s’occuper à la tête de la Fédération internationale de gymnastique. « L’année écoulée a été marquée par l’ambition, l’innovation et des progrès significatifs dans toutes les disciplines », souligne-t-il dans un message publié sur le site de l’organisation. Des progrès dans toutes les disciplines, et à plusieurs niveaux, aussi bien en marketing qu’en participation et en diversité géographique.
Le Brésil et l’Indonésie, nouveaux terrains de jeu
Âgé de 66 ans, Watanabe dirige la FIG depuis janvier 2017. Il a été réélu pour un troisième mandat en octobre 2024 et restera donc aux manettes jusqu’en 2028. Son défi : projeter la FI et la gymnastique vers l’avenir. L’année 2025 a permis de poser des bases intéressantes dans cette perspective. « En gymnastique rythmique, les Championnats du monde ont été organisés au Brésil, une première historique pour la région panaméricaine. Avec un nombre record de nations participantes, cet événement a joué un rôle clé dans le développement de la gymnastique sur tout le continent », se satisfait Watanabe.
« La gymnastique artistique a organisé ses Championnats du monde pour la première fois en Asie du Sud-Est, en Indonésie, poursuit-il. Cet événement marquant, qui a une fois de plus été marqué par une participation sans précédent, a considérablement renforcé la croissance de la gymnastique dans la région asiatique. » Le dirigeant n’a pas éludé la polémique née du refus des autorités indonésiennes d’octroyer des visas aux athlètes israéliens, en répétant qu’il était « regrettable que toutes les fédérations nationales n’aient pas pu participer » à ces championnats.
Une controverse qui a poussé le CIO à agir et qui a mis l’Indonésie sur le banc de touche. Les Championnats du monde 2026 devraient poser moins de difficultés à la FIG puisqu’ils seront organisés en Allemagne (gymnastique rythmique), en Espagne (gymnastique aérobique), en Italie (gymnastique acrobatique), aux Pays-Bas (gymnastique artistique) et en Chine (trampoline), entre les mois d’août et de novembre.
Epreuves mixtes et cadres insolites
Des innovations comme l’arrivée d’un événement mixte synchronisé aux Championnats du monde de trampoline ont aussi marqué l’année écoulée. « Cela pourrait être la clé pour ouvrir la porte au trampoline synchronisé aux Jeux olympiques », confiait Christophe Lambert, président du comité technique trampoline de la FIG, l’an dernier. « Le trampoline a pris une nouvelle direction audacieuse », à l’intersection du sport et du divertissement, souligne Morinari Watanabe.
« Les Championnats du monde juniors de gymnastique artistique se sont déroulés pour la première fois dans la salle de bal d’un hôtel. Malgré les inquiétudes initiales, ce nouveau format s’est avéré très fructueux, nous rappelant l’importance de remettre en question les conventions établies », poursuit-il, ajoutant que « la gymnastique acrobatique, la gymnastique aérobique et le parkour ont chacun pris des initiatives importantes, jetant les bases d’une croissance significative dans les années à venir ». Le mois dernier a aussi vu la FIG passer officiellement sous la bannière de World Gymnastics, « une autre étape importante » pour que la gymnastique bénéficie « d’une attention et d’une reconnaissance accrues à l’échelle mondiale ».

