— Publié le 20 septembre 2022

“Voir les athlètes au top devant des tribunes pleines”

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Multilingue et multinational. A moins de deux ans de l’événement, le COJO Paris 2024 affiche des effectifs de plus en plus cosmopolites. Holly Abraham en est l’illustration. La Canadienne venue de l’Ontario a rejoint en mai 2021 la direction des sports, en qualité de manager de la gymnastique (artistique, rythmique et trampoline) et du goalball. Avec elle, FrancsJeux ajoute une nouvelle pièce à sa série bimensuelle d’interviews des managers sport du comité d’organisation. La première anglophone.

FrancsJeux : Votre vie avant le COJO Paris 2024 ?

Holly Abraham : Je travaillais au Canada, comme “program manager” au sein de Canada Women and Sport. Il s’agit d’une organisation nationale destinée à accroître la place et la pratique des filles et des femmes dans le sport. Je travaillais avec les instances et les associations sportives canadiennes pour évaluer et développer la parité des sexes, une mission assez unique. Par ailleurs, j’ai été manager de la compétition aux championnats du monde de gymnastique artistique à Montréal en 2017. J’ai également collaboré, en qualité de sport manager senior, aux Jeux Panaméricains à Toronto en 2015.

Votre expérience passée des Jeux olympiques ?

Les Jeux de Tokyo 2020. J’avais déjà rejoint le COJO Paris 2024. Je me suis rendue au Japon à ce titre, pour travailler aux côtés de l’équipe en charge de la gymnastique, mes homologues des Jeux olympiques 2020.

Un souvenir marquant des Jeux ?

Les Jeux de Tokyo 2020. J’ai été marquée par les gens que j’ai pu côtoyer là-bas, au sein de l’organisation. J’ai vu travailler les équipes et les volontaires, j’ai observé la façon dont les uns et les autres parvenaient à fonctionner aussi bien ensemble. J’ai aussi très impressionnée par les athlètes, leur capacité à surmonter l’adversité pour parvenir aux Jeux, puis à atteindre un tel niveau de performance devant des tribunes vides.

Le dossier en tête de la pile sur votre bureau ?

Non pas un, mais deux dossiers en tête de pile. Le premier concerne la sélection des fournisseurs pour les équipements que nous allons utiliser pour les disciplines de la gymnastique aux Jeux olympiques, puis pour le goalball aux Jeux paralympiques. Je discute actuellement avec les uns et les autres. Cela représente une part importante de mon travail. L’autre dossier du moment est la sélection des volontaires sur lesquels nous allons nous appuyer pendant les Jeux. Nous cherchons à trouver les bonnes personnes pour les secteurs clés.

Les sites de compétition de la gymnastique et du goalball : leurs atouts, les défis dans la perpective des Jeux ?

Pour la gymnastique, le dispositif prévoit deux sites distincts et assez différents, mais situés dans Paris : Bercy pour la gymnastique artistique et le trampoline, l’Arena de la porte de la Chapelle pour la gymnastique rythmique. Bercy est l’un des sites iconiques des Jeux, l’une des salles les plus vastes, déjà connue dans le milieu de la gym pour avoir accueilli un grand nombre de compétitions. Avec un tel passé, il ne devrait pas être difficile de répondre aux attentes. Mais il s’agit aussi d’un équipement assez ancien. Le défi sera de tout faire entrer dans les différents espaces en coulisses, pour les bureaux, le stockage… A l’inverse, l’Arena de la porte de la Chapelle est une salle neuve et moderne. Les à-côtés du terrain de compétition seront plus vastes. Un avantage. Mais nous l’aurons à disposition plus tard. Le goalball, enfin, prendra possession de l’Arena Paris Sud 6, l’un des halls du Parc des Expositions de la porte de Versailles. Mais l’entraînement des équipes se fera au village des athlètes. Le challenge, pour cette discipline pratiquée par des athlètes malvoyants, sera l’acoustique de la salle. Il faudra parvenir à obtenir le silence pendant le jeu. Nous allons devoir procéder à des tests acoustiques avant les épreuves paralympiques.

Paris 2024 sera une réussite pour la gymnastique et le goalball si…

Les Jeux seront une réussite si les athlètes réalisent leurs meilleures performances, s’ils sont au top, et cela devant des tribunes pleines. Après l’absence de public aux Jeux de Tokyo, des compétitions à guichets fermées seraient une très belle récompense. J’aimerais aussi qu’ils ramènent des souvenirs très forts et marquants des gens qu’ils auront rencontrés et croisés aux Jeux de Paris 2024. Pour nous, les Jeux seront une réussite si nous parvenons pour la gymnastique à relever le défi de gérer deux sites de compétition distincts et trois lieux d’entraînement.