— Publié le 9 septembre 2022

A Lausanne, le CIO distribue les sanctions

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La journée s’annonçait chargée, avec un ordre du jour aux allures de menu gastronomique. Neuf plats, pas un de moins. Réunie jeudi 8 septembre à Lausanne pour la cinquième, et avant-dernière fois, de l’année, la commission exécutive du CIO a balayé les sujets sans perdre son souffle. Elle a convoqué un nombre record d’acteurs du mouvement olympique, bons ou mauvais élèves. Avec, en bout de table, une longue de série de décisions dont certaines se révèlent radicales.

Les mauvais élèves, d’abord. Ils sont nombreux. En tête de liste, un habitué des bancs du fond de la classe, la Fédération internationale de boxe (IBA). Jeudi 8 septembre, la commission exécutive du CIO l’a passée une nouvelle fois à la moulinette. Elle a pointé les doutes sur sa gouvernance, notamment pour le processus d’arbitrage et de jugement , et sa dépendance financière vis-à-vis de l’entreprise russe Gazprom.

Rien de nouveau sous le soleil. Mais le CIO l’a expliqué au terme de la première journée de la réunion : les questions “restent d’actualité”. L’instance le relève dans un communiqué : “Il a été noté que l’IBA n’avait pas fait de réels efforts pour respecter et mettre en œuvre la feuille de route établie par la commission exécutive du CIO en décembre 2021 concernant la gouvernance. Par conséquent, la commission exécutive du CIO a adressé une lettre à l’IBA, l’informant des vives préoccupations du CIO. À l’heure actuelle, la boxe n’est pas inscrite au programme des Jeux olympiques de Los Angeles 2028 et, en l’absence de réelle évolution, la commission exécutive du CIO n’est pas en mesure de revenir sur cette décision.

Autre mauvais élève, lui aussi déjà montré du doigt : l’Inde. Jeudi 8 septembre, le CIO a annoncé que son comité national olympique était sous le coup d’une possible suspension. En cause, “les conflits internes récurrents et les problèmes de gouvernance” de l’instance. Ils ont retardé la tenue des élections, initialement prévues à la fin de l’année 2021, mais toujours repoussées.

A ce stade, le Comité olympique indien est seulement menacé. Un “dernier avertissement“, selon la formule du CIO, avant une possible suspension qui pourrait être décidée lors de la prochaine réunion de la commission exécutive en décembre 2022. L’Inde ne pourrait plus alors participer sous ses couleurs aux prochains rendez-vous olympiques, dont les JOJ d’hiver 2024 à Gangwon et les Jeux de Paris 2024.

En attendant, il a été décidé de repousser à “septembre/octobre 2023” la prochaine session du session, initialement prévue à Mumbai à partir du 30 mai prochain. En cas de suspension, l’Inde pourrait même perdre le droit d’organiser la session.

Conséquence directe du report de la prochaine grand-messe du mouvement olympique : le pays-hôte des Jeux d’hiver de 2030 ne sera plus décidé au printemps, mais au plus tôt en début d’automne 2023. Avec un tel bouleversement du calendrier, la commission exécutive du CIO ne décidera pas forcément lors de sa réunion de décembre 2022 lequel des candidats potentiels, entre Sapporo, Salt Lake City et Vancouver, sera invité à poursuivre seul le dialogue.

Soyons clairs : le nouveau calendrier de la campagne pour les Jeux d’hiver en 2030 fait les affaires du CIO. Pour les trois postulants, l’échéance du mois de décembre avait pris des allures de course contre la montre. Sapporo, annoncé favori et longtemps parfaitement dans les temps, est plombé depuis le mois dernier par le scandale de corruption des Jeux de Tokyo 2020. Vancouver n’a toujours pas formellement décidé de se lancer dans la bataille. Et Salt Lake City hésite encore entre 2030 et 2034.

Dernier mauvais élève : le Guatemala. La réunion exécutive du CIO a décidé de suspendre, à compter du 15 octobre, son comité national olympique. En cause, la décision de la Cour constitutionnelle du Guatemala, “pour d’obscures raisons“, de suspendre en août dernier “un certain nombre de dispositions des statuts et du règlement” de l’instance nationale.

Problème : cette décision de la juridiction est contraire à la Charte olympique, qui exige que les comités nationaux olympiques “préservent leur autonomie et résistent à toutes les pressions, notamment juridiques et politiques“. Les autorités guatémaltèques ont jusqu’au 15 octobre pour régler le problème. Dans le cas contraire, le Guatemala sera écarté comme nation des prochains événements olympiques.

A l’autre bout de la classe, parmi les bons élèves, le COJO Paris 2024 a vu la commission exécutive du CIO apposer son sceau sur la nouvelle cartes des sites. Les compétitions de tir, initialement prévues sur le terrain des Essences à la Courneuve, auront bien lieu au Centre national de la discipline à Châteauroux, dans le département de l’Indre. Les éliminatoires du tournoi de boxe quittent Roland-Garros, où se tiendront les finales, pour s’installer en Seine-Saint-Denis, à Villepinte. Le tour initial de classement de l’escrime en pentathlon moderne est lui aussi déplacé à Villepinte.

En revanche, le basket devra encore patienter. Mark Adams, le porte-parole du CIO, l’a expliqué en conférence de presse : la décision n’a pas encore été prise quant au site de la phase préliminaire. Les “discussions sont très positives“, assure-t-il. Elles pourraient aboutir à “une décision dans un avenir proche“. Le refrain est connu. Mais les mois passent.