— Publié le 23 mai 2022

Pour les Jeux d’hiver 2030, un premier nom en décembre

Candidatures Focus

Une année. Douze mois et une petite poignée de jours. Les villes candidates aux Jeux d’hiver 2030 ont désormais une vision plus claire du chemin à parcourir avant la décision finale. Et, surtout, de la longueur du périple.

Le CIO l’a annoncé en fin de semaine passée, à l’occasion de la troisième et dernière journée de sa 139ème session (débutée puis poursuivie en février dernier en marge des Jeux de Pékin 2022) : le choix de la ville-hôte des Jeux d’hiver 2030 devrait être connu lors de la prochaine session. Elle est prévue au printemps 2023 à Mumbai, en Inde. Elle débutera le 30 mai.

Christophe De Kepper, le directeur général du CIO, l’a expliqué vendredi depuis Lausanne : “La commission exécutive a reçu hier (jeudi 19 mai) un rapport d’activité d’Octavian Morariu, le président de la commission du futur hôte des Jeux olympiques d’hiver. Elle a pris acte du travail en profondeur mené par la commission et de ses propositions les plus intéressantes. Tout cela pourrait nous permettre d’élire une ville-hôte pour les Jeux de 2030 lors de la 140e Session du CIO à Mumbai l’année prochaine.”

Pour la première fois, le CIO avance donc la date du printemps 2023 et la session de Mumbai. L’instance évoque comme une très forte probabilité ce qui était jusque-là plutôt discuté dans les couloirs : le vainqueur de la course aux Jeux d’hiver 2030 sera annoncé dans une année et quelques jours.

Annoncé, donc, avec roulements de tambour, faux suspense et discours officiels. Mais sûrement déjà connu depuis plusieurs mois. Thomas Bach l’a confirmé en conférence de presse, vendredi 20 mai, au terme de la session : le CIO respectera le processus de sélection utilisé pour les Jeux d’été en 2032 et la désignation de Brisbane. La commission exécutive choisira un ou plusieurs dossiers invités à poursuivre un “dialogue ciblé“. La session de Mumbai entérinera ensuite le choix du vainqueur.

Thomas Bach l’a expliqué : “La commission exécutive devrait prendre la décision concernant le dialogue ciblé lors de sa réunion du mois de décembre“. Sauf immense surprise, le vainqueur sera alors connu. Il ne devrait plus changer.

Pour les Jeux d’été en 2032, Brisbane avait été la seule ville appelée à poursuivre l’aventure. Pour l’hiver 2030, le CIO n’a pas encore dévoilé ses intentions, mais tout laisse à penser que le scénario sera identique.

Le temps presse, donc. Avec le calendrier dévoilé par le CIO en fin de semaine passée, les postulants disposent désormais de moins de sept mois pour imposer leur dossier.

Christophe Dubi, le directeur exécutif des Jeux olympiques, l’a reconnu : le CIO a enregistré des “propositions très solides“. L’été et l’automne seront décisifs, pour les uns comme pour les autres. Mais avec un tel échéancier, les chances des quatre postulants ne semblent déjà plus vraiment égales.

Pour Sapporo, la suite du parcours s’annonce dégagée. Les Japonais ont fait savoir qu’ils n’organiseraient pas de référendum sur la candidature. Leur dispositif est en place, avec plusieurs épreuves à Nagano, ville-hôte des Jeux d’hiver en 1998. Leur budget a déjà été revu une fois à la baisse. Sapporo semble mener la course et s’annonce comme le favori pour être choisi en décembre prochain pour poursuivre le “dialogue ciblé“.

A Salt Lake City, les choses avancent également à bonne allure, surtout depuis les derniers mois, mais les Américains hésitent encore entre 2030 et 2034. Le CIO pourrait leur suggérer de se concentrer plutôt sur la deuxième des deux options, afin d’éviter une concurrence commerciale avec Los Angeles 2028.

L’instance olympique ne s’en cache pas : le nouveau processus de sélection des villes-hôtes lui autorise tous les scénarios, dont un double vote comme avec Paris 2024 et Los Angeles 2028, ou une désignation très anticipée comme pour Brisbane 2032. Garantir dès cette année aux Américains une victoire dans la course aux Jeux d’hiver 2034 ne perturberait certainement pas Thomas Bach. L’Allemand l’a confié vendredi dernier en faisant référence aux prochains Jeux d’été à attribuer : “Nous avons déjà aujourd’hui un nombre important de parties intéressées dans le monde entier pour les Jeux en 2036, et même dans certains cas pour 2040. Je ne me souviens pas d’une époque où nous en avions un nombre aussi important 14 ou 18 ans à l’avance.”

Pour les deux autres postulants, Vancouver et Pyrénées-Barcelone, les mois à venir se présentent comme une course de vitesse. Les Canadiens devront boucler sans tarder leur étude de faisabilité, puis afficher un soutien politique fort à un projet encore aujourd’hui incertain. Quant aux Espagnols, ils devront régler les différends politiques entre la Catalogne et l’Aragon.