— Publié le 18 octobre 2021

Aux Jeux de Pékin, Martin Fourcade visera une autre cible

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L’olympisme ne fait pas seulement rêver les athlètes sur le terrain de compétition. Malgré les affaires, il semble encore inspirer les vocations d’officiel. Le CIO l’a annoncé en fin de semaine : pas moins de dix-sept candidats se disputeront les voix de leurs pairs, en marge des Jeux d’hiver de Pékin 2022. En jeu, deux places à la commission des athlètes du CIO.

Dix femmes et sept hommes, représentant 17 comités nationaux olympiques, six sports et les cinq continents, ont été acceptés par la commission exécutive du CIO pour tenter leur chance dans la course aux suffrages. Il s’agit d’un nouveau record pour des Jeux d’hiver, preuve que la tenue de membre de l’instance olympique attire plus que jamais les convoitises.

Précision : deux athlètes figurant sur la liste n’ont pas encore participé aux Jeux olympiques d’hiver. Ils devront décrocher leur qualification, puis être confirmés par leur comité national olympique, la candidature à la commission des athlètes étant réservée aux seuls olympiens.

Le vote sera ouvert le 27 janvier. Il se terminera le 16 février. Il se déroulera dans les différents villages des athlètes des Jeux de Pékin. Les résultats seront annoncés avant la fin des Jeux.

Les deux athlètes élus remplaceront deux grands noms des sports d’hiver, la hockeyeuse canadienne Hayley Wickenheiser, dont le mandat à la commission des athlètes s’achève à la fin des Jeux de Pékin, et le biathlète norvégien Ole Einar Bjørndalen, dont le siège est vacant depuis sa démission en 2016.

Pour rappel, la commission est composée de 23 membres au maximum (12 élus directement par les athlètes durant les Jeux, plus 11 nommés). Leur mandat est de huit ans. Quatre membres sont élus lors des Jeux d’été, deux lors des Jeux d’hiver.

Les membres nommés sont choisis par le président du CIO, après consultation du ou de la présidente de la commission des athlètes, afin d’assurer un juste équilibre entre les régions, les sexes et les sports.

La promotion 2022, la plus large de l’histoire, présente un étonnant mélange de médaillés olympiques et d’invités surprises.

En tête de liste, au moins en termes de palmarès et de notoriété, un Français. Martin Fourcade (photo ci-dessus), le plus titré des athlètes français aux Jeux d’hiver, a décroché cinq médailles d’or en biathlon, entre les Jeux d’hiver de Sotchi 2014 et ceux de PyeongChang 2018. A son palmarès, deux autres médailles en argent, remportées à Vancouver en 2010 et Sotchi 2014.

A 33 ans, le Catalan a rangé ses skis et sa carabine, mais sans quitter le mouvement sportif. Malgré son passé dans les sports d’hiver, il préside la commission des athlètes du COJO Paris 2024. Il était porte-drapeau de la délégation français à la cérémonie d’ouverture des Jeux de PyeongChang 2018. En septembre 2019, le comité olympique français (CNOSF) l’a préféré au perchiste Renaud Lavillenie pour postuler à la commission des athlètes du CIO.

A l’échelle du palmarès et de la notoriété, Martin Fourcade ne se connaît pas de réel concurrent parmi les candidats acceptés par le CIO. Mais les mystères du suffrage, et les règles très étranges du CIO (les candidats n’ont pas le droit de faire campagne), accouchent parfois de résultats surprenants. Les Français peuvent témoigner : deux de leurs plus grands champions, le judoka David Douillet et la joueuse de tennis Amélie Mauresmo, ont connu la défaite dans pareille élection.

« Je suis très honoré d’avoir été proposé par le CNOSF comme candidat à la commission des athlètes du CIO afin de porter la voix des athlètes au sein du mouvement olympique et œuvrer avec eux à la promotion d’un sport propre et respectueux de l’environnement », a sobrement commenté Martin Fourcade dans un communiqué du CNOSF. L’ancien biathlète n’en dira pas plus, sous peine d’être sanctionné par le CIO. Le travail de lobbying se fera en coulisses.

Pour le reste, la liste des candidats aux deux sièges de membre du CIO révèle plusieurs solides profils. Ireen Wüst, par exemple. Aux Jeux de Turin 2006, la Néerlandaise était devenue la plus jeune championne olympique de l’histoire des Pays-Bas en décrochant, à 19 ans, la médaille d’or du 3 000 m en patinage de vitesse grande piste. Quatre ans plus tard, à Vancouver 2010, elle a récidivé, mais cette fois sur 1 500 m. Aux Jeux de Sotchi 2014, Ireen Wüst a raflé cinq médailles, dont deux en or. Elle a achevé sa moisson par un autre titre olympique, sur 1 500 m, aux Jeux de PyeongChang 2018.

Autre cliente, la Suédoise Frida Hansdotter. A 32 ans, elle est devenue championne olympique de slalom aux Jeux de PyeongChang 2018. Elle est seule candidate issue du ski alpin, ce qui pourrait servir sa cause.

Enfin, deux autres médaillées olympiques postuleront lors des Jeux de Pékin : la Tchèque Eva Samková, championne olympique de snowboard cross aux Jeux de Sochi 2014 (puis médaillée de bronze à Pyeongchang 2018), et la Suissesse Florence Schelling, gardienne de but de l’équipe de hockey sur glace médaillée de bronze aux Jeux de Sotchi 2014.