— Publié le 14 octobre 2020

Au classement de la rentabilité, la FIFA devance le CIO

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Gianni Infantino peut se frotter les mains : l’interminable liste des affaires de corruption au sein de la FIFA depuis les années Blatter n’a pas touché la plus prestigieuse compétition du football international. La Coupe du Monde masculine pointe en tête des événements sportifs les plus rentables de la planète pour les sponsors. Elle devance les Jeux olympiques d’été.

Le site britannique SportsPro a établi le premier classement des « propriétés » de l’industrie mondiale du sport, selon leur attractivité pour les partenaires économiques. Il vient d’en publier la liste des 50 plus profitables du calendrier et du paysage internationaux, en termes de rentabilité.

La méthode de classement se révèle pointue et rigoureuse. Elle repose sur une méthodologie, SponsorPulse, construite à partir d’enquêtes d’opinion conduites à un rythme mensuel tout au long de l’année. Pour établir son palmarès, SportsPro a interrogé plus de 250 000 personnes, âgées de 13 à 64 ans, sur 18 des plus grands marchés au monde. Sept paramètres ont été pris en compte, dont l’engagement, l’intensité, la passion et l’intention d’achat.

Le résultat peut surprendre. Il mélange en effet les événements internationaux, les ligues professionnelles et les clubs. Mais il en ressort, sans la moindre surprise, que le football reste de loin le sport le plus « bankable » du  paysage. A lui seul, il truste sept des dix premières places du classement de SportPro, et 13 des 20 premiers rangs.

Le Mondial de football de la FIFA pointe en tête. Il devance les Jeux olympiques d’été et la NBA. Le top 5 est complété par deux clubs espagnols de football, le Real Madrid et le FC Barcelone. Le reste du top 10 est composé des Jeux olympiques d’hiver, la Ligue des Champions de l’UEFA, l’Euro de football, le club de Manchester United, et enfin la Premier League anglaise.

Jusque-là, rien de très surprenant, sinon la position toujours favorable des Jeux d’hiver, un événement pourtant parfois jugé en perte de vitesse. Mais le reste du classement réserve son lot de surprises.

En tête de liste, la percée de l’eSport. La League of Legends pointe en 12ème position. Un autre mastodonte du sport électronique, Call of Duty, s’est glissé dans le top 50 (41ème).

Autre tendance : l’attractivité grandissante du sport féminin pour les sponsors internationaux. La Coupe du Monde féminine de la FIFA se classe au 13ème rang, juste devant la Formule 1.

Enfin, il s’avère que les rendez-vous mondiaux les plus intéressants pour les partenaires, dans l’univers olympique, ne sont pas toujours les plus attendus. Les championnats du monde de tennis de table (25ème), et ceux de badminton (46ème), figurent tous les deux au classement, à la différence des Mondiaux d’athlétisme ou de natation. Les Jeux paralympiques apparaissent également en bonne position, puisque classés à la 36ème place, un rang derrière le circuit ATP du tennis masculin, mais loin devant le Tour de France cycliste (48ème).

Michael Long, le directeur de la rédaction de SportPro, l’explique : « Avec la crise sanitaire, les budgets de marketing ont été revus à la baisse. Les dépenses de sponsoring sportif sont plus que jamais soumises à un examen très minutieux. Mais les données et les informations disponibles aujourd’hui, notamment avec ce classement, peuvent aider les spécialistes du marketing à identifier la valeur réelle d’un événement ou d’une organisation. Ils peuvent justifier leurs décisions de dépenses et maximiser le retour sur investissement. » Gianni Infantino ne s’en plaindra pas. Thomas Bach non plus.