Candidatures - 06/03/2019

Pour les Jeux d’hiver 2026, le CIO joue la souplesse

Pas de blague. Confronté à un phénomène récurent de raréfaction des candidatures olympiques, le CIO est prêt à tout pour encourager les postulants. Y compris, fait sans précédent, à lâcher la bride sur la question des garanties financières.

Christophe Dubi, le directeur des Jeux olympiques, l’a expliqué et répété mardi 5 mars, à l’occasion d’une conférence de presse téléphonique en amont de la visite en Suède de la commission d’évaluation pour les Jeux d’hiver 2026 : « La flexibilité est le mot clé ».

Souplesse, donc. A tous les étages. Avec une obsession : conserver dans la course les deux projets concurrents, Milan/Cortina d’Ampezzo et Stockholm/Are, jusqu’à la ligne d’arrivée. Quitte, pour cela, à leur autoriser la plus grande « flexibilité » sur le délai pour enrichir leur dossier de candidature des garanties financières des autorités politiques.

Christophe Dubi l’a précisé : « Nous continuerons à recevoir des informations tout au long du processus, et cela jusqu’au dernier moment, le jour du vote de la session du CIO ». En clair, les équipes italienne et suédoise n’ont plus vraiment de date limite à respecter pour compléter leur copie. Elles pourront le faire jusqu’à l’heure du scrutin, prévu le 24 juin à Lausanne, pendant la prochaine session du CIO. Du jamais-vu.

Mais le CIO a-t-il vraiment le choix ? L’institution olympique avait initialement demandé aux deux comités de candidature de présenter en janvier dernier les garanties financières des autorités locales et nationales. Milan/Cortina et Stockholm/Are n’ont pas respecté le délai.

À l’époque, Christophe Dubi avait déjà calmé le jeu, en expliquant que la nouvelle « flexibilité » du CIO permettait de leur accorder plus de temps. Le directeur des Jeux olympiques l’a répété mardi 5 mars : « Ce que nous devons nous assurer à la fin, c’est que les Jeux auront bien lieu. » Peu importe le chemin, donc, seul compte l’objectif.

A ce stade de la course, les questions demeurent. Interrogé mardi pendant la conférence de presse téléphonique, le directeur général de Stockholm/Are 2026, Richard Brisius, a assuré que le projet avait obtenu « toutes les assurances que nous demandons en ce moment ». Le Suédois a rappelé que le Premier ministre, Stefan Löfven, avait récemment exprimé dans les médias son soutien à la candidature.

Mais une garantie financière formelle tarde à venir, de la part du gouvernement et de la ville de Stockholm. Selon Richard Brisius, les discussions avec les responsables gouvernementaux se poursuivent. « Elles vont dans la bonne direction », confirme Christophe Dubi.

En Italie, le tableau n’est pas beaucoup plus achevé. Certes, l’équipe de candidature peut compter sur le soutien a priori sans réserve des autorités de la Lombardie et de la Vénétie, les deux régions les plus riches du pays. Mais le gouvernement italien se fait encore tirer l’oreille pour signer un engagement financier.

Une chose est sûre : le CIO fermera les yeux dans l’hypothèse, très possible, où l’un des deux dossiers ne serait pas entièrement complété. Il n’écartera personne de la course. L’effet serait désastreux.

La commission d’évaluation du CIO débutera ses visites par une étape de 4 jours en Suède, du 12 au 16 mars 2019. Son président, le Roumain Octavian Morariu, a annoncé mardi son souhait de visiter tous les sites proposés, à l’exception de la piste de luge, bobsleigh et skeleton, prévue dans la ville de Sigulda, en Lettonie.

La délégation du CIO se rendra ensuite en Italie, du 2 au 6 avril, pour boucler son évaluation des candidatures aux Jeux d’hiver 2026.

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