Institutions - 19/07/2017

Le candidat Lappartient veut incarner le pouvoir

Il avait promis une campagne intense et offensive. Il tient parole. Candidat à la présidence de l’Union cycliste internationale (UCI), David Lappartient (photo ci-dessus) avait ouvert les hostilités le 30 juin dernier par une conférence de presse à Düsseldorf, en Allemagne, à la veille du Grand départ du Tour de France. Le Français a détaché mardi 18 juillet le deuxième étage de sa fusée. Il a présenté dans le détail son programme de candidat.

A Düsseldorf, David Lappartient avait manié l’ironie en expliquant, pour sa première sortie face aux médias internationaux, que sa décision de se lancer dans la campagne avait été en partie motivée par une lettre de son rival, le Britannique Brian Cookson, président de l’UCI depuis 2013 (photo ci-dessous). « Il m’a envoyé un courrier m’invitant à devenir candidat à la présidence si je pensais pouvoir mieux diriger l’UCI. J’ai suivi son invitation », avait glissé le Breton.

En  dévoilant son programme, David Lappartient a choisi un ton et une approche plus sobres. Le Français ne cite pas directement son rival britannique dans son texte d’introduction, titré « Le cyclisme de demain s’imagine aujourd’hui ». Mais il place en tête de liste du document, long de 32 pages, sa volonté de « renforcer l’autorité de l’Union cycliste internationale avec un président assurant un véritable leadership ». Une critique directe adressée à Brian Cookson, à qui David Lappartient reproche depuis longtemps d’avoir laissé les clefs de la maison à l’administration de l’UCI.

Pour le reste, le programme du candidat Lappartient s’articule autour de quatre axes, certains reprenant les thèmes développés par Brian Cookson en 2013, lors de sa campagne victorieuse pour la présidence de l’organisation.

Le Français veut « mettre l’Union cycliste internationale au service des fédérations nationales » (axe 2). Il souhaite « faire du vélo le sport du 21ème siècle », par un développement du cyclisme féminin, de la pratique dans la société et de l’ensemble des disciplines (axe 3). Il promet de « porter une réelle ambition pour le cyclisme professionnel » (axe 4). Enfin, David Lappartient s’engage à « garantir la crédibilité du résultat et protéger les sportifs » (axe 5).

 

 

Sur le fond, le Français et le Britannique se révèlent très proches. Les deux postulants se rejoignent sur les problématiques du cyclisme féminin, de la pratique urbaine, de la crédibilité d’un sport trop longtemps secoué par les affaires de dopage. Tous les deux souhaitent renforcer la place de la discipline aux Jeux olympiques.

Ces deux prochains mois, la bataille ne devrait donc pas s’attarder longtemps sur le terrain des idées. Avant le vote de l’UCI, prévu le 21 septembre 2017 à Bergen, en Norvège, la campagne pourrait s’orienter vers un duel des personnalités. Brian Cookson mettra en avant son bilan au terme d’un premier mandat jugé positif. Le Britannique a présenté son programme au début du mois de juin. Il y assure que l’UCI est devenue « plus forte, plus propre et plus transparente » depuis son élection en 2013. En face, David Lappartient l’attaquera sur sa manière, discrète et mesurée, d’incarner le pouvoir.

A 44 ans, le Français imagine la présidence de l’UCI comme le prochain palier d’une carrière d’homme pressé. Entré au comité directeur de l’UCI en septembre 2005, à l’âge de 32 ans, il a pris possession du bureau de président de la Fédération française de cyclisme (FFC) quatre ans plus tard. Il a été réélu cette année, par acclamation, pour un deuxième mandat à la présidence de l’Union européenne de cyclisme.

A 66 ans, Brian Cookson a confié qu’un second mandat à la tête de l’UCI, en cas de victoire lors du Congrès de Bergen, serait son dernier. Le Britannique a recruté une agence de relations publiques anglaise, Calacus, spécialisée dans le sport, pour l’accompagner dans sa campagne.

 

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