— Publié le 7 juin 2017

En Europe, Paris 2024 se sent pousser des ailes

Candidatures Focus

La démarche avait été qualifiée d’historique. Rien de moins. Pour la première fois depuis la création de l’institution en 1952, une candidature olympique a présenté son projet et sa vision devant le Parlement européen. Une délégation de Paris 2024, conduite par Bernard Lapasset et Laura Flessel, a fait le voyage vers Bruxelles, mardi 6 juin, à moins de 100 jours du vote du CIO pour la ville-hôte des Jeux de 2024. Un aller-retour entre la France et la Belgique dont l’équipe parisienne est revenue avec, dans ses malles, le message qu’elle attendait: un soutien formel de l’Europe à sa candidature. Bien joué.

« Un soutien de poids », suggère dans un communiqué le comité de Paris 2024. A coup sûr. Même si la notion de soutien ne pèserait plus tout à fait le même poids dans l’éventualité où le CIO choisisse de ne pas choisir entre Los Angeles et Paris, pour accorder les Jeux de 2024 à l’un, puis l’édition suivante à l’autre. Il n’empêche, l’Europe parlementaire vote pour Paris. Une forme de contrepoids à l’annonce faite par Los Angeles, en début de semaine, de pouvoir compter sur le soutien, l’influence et le poids économique de la NBA et de sa version féminine, la WNBA.

A Bruxelles, mardi, Bernard Lapasset et Laura Flessel ont présenté le projet Paris 2024 devant l’intergroupe « Sport » du Parlement européen. Il se compose de 92 députés, issus de 21 pays différents et représentant 4 formations politiques européennes. Une assemblée de connaisseurs, donc.

A l’évidence, la présentation a touché sa cible. Certes, il n’était pas prévu de vote à l’issue des échanges, pour inscrire dans le marbre le soutien de l’institution à la candidature française. Mais le président du Parlement européen, l’Italien Antonio Tajani, s’est exprimé au nom de ses pairs en conférence de presse. Il a lancé un appel aux Européens pour qu’ils « poussent dans la bonne direction la candidature de Paris » face à Los Angeles. Paris 2024 n’est « pas seulement une candidature française, mais une candidature européenne », a-t-il insisté, assurant qu’une victoire française le 13 septembre à Lima constituerait un « message positif » envoyé au reste du monde.

Dans la foulée de leur président, les deux leaders de l’intergroupe « Sport », Marc Tarabella et Santiago Fisas, ont eux aussi assuré Bernard Lapasset et Laura Flessel de leur appui. Le 23 mai dernier, la nouvelle ministre française des Sports avait reçu un même « accueil chaleureux » de ses collègues européens lors de sa présentation du projet à Bruxelles.

Commentaire de Bernard Lapasset, le co-président du comité Paris 2024 : « Nous sommes très heureux d’avoir pu présenter notre projet devant les députés européens et de pouvoir compter sur le soutien du Parlement, à travers son président, Antonio Tajani. Paris 2024 est un projet qui a vocation à être partagé en France, en Europe et dans le monde. Le soutien du Parlement européen est un nouveau gage d’unité autour de notre candidature. »

Même son de cloche du côté de Laura Flessel au terme de son deuxième périple à Bruxelles en deux semaines: « Le projet de Paris 2024 porte bien au-delà de la France. Je suis fière de l’enthousiasme qu’il suscite chez nos voisins européens, comme en a témoigné le Conseil des ministres des Sports de l’Union européenne du 23 mai, et comme en témoignent aujourd’hui les députés européens. Cette mobilisation fait de Paris 2024 un projet fédérateur des valeurs qui nous unissent en tant qu’européens. »

L’Europe se range derrière Paris. Ses députés poussent derrière la candidature. Il restera aux membres du CIO issus du continent de respecter la consigne. Toujours plus délicat.