— Publié le 8 octobre 2015

Michel Platini, sa candidature ne tient plus qu’à un fil

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L’attente n’aura pas été longue. A l’heure de la pause déjeuner, ce jeudi 8 octobre 2015, la chambre d’instruction de la commission d’éthique de la FIFA a rendu son verdict. Il tient en un mot: suspension. Déterminés à ne pas faire de jaloux, ses membres ont suspendu tout le monde: Blatter, Platini, Chung Mong-joon et même, surprise, Jérôme Valcke. Un grand ménage d’automne. Chapeau.

Pour Sepp Blatter, la sanction apparaît anecdotique. Le futur ex président de la FIFA en prend pour 90 jours. Il est “provisoirement suspendu”, ce qui ne changera ni sa vie ni celle de l’institution, le Suisse étant censé rendre les clefs de son bureau le 26 février prochain, jour de l’élection à la présidence. Dans le meilleur des cas (ou le pire, c’est selon), le Suisse retrouvera son fauteuil un peu après la mi-janvier. A temps pour débarrasser ses tiroirs des derniers dossiers trop compromettants.

Même régime pour Jérôme Valcke, l’ancien secrétaire général de la FIFA. Lui aussi est prié d’aller patienter 90 jours au piquet. Anecdotique, le Français ayant déjà été démis de ses fonctions.

Pour Chung Mong-joon, la sanction est plus lourde et nettement plus problématique. A l’évidence, les “sages” de la commission d’éthique avait le Sud-Coréen dans le nez. L’héritier du clan Hyundai est interdit pour six ans de toute activité liée au football. Il peut encore regarder les matches sur son écran HD dernier cri, mais sa présence dans le paysage du ballon rond s’arrêtera là. Chung Mong-joon se disait menacé d’une peine de 19 ans. Elle sera plus courte. Mais l’effet reste le même: il peut s’asseoir sur son ambition de succéder à Sepp Blatter à la présidence de la FIFA. Sa sanction, assortie d’une amende de 100 000 francs suisses (91 000 euros), est susceptible d’un appel, mais il ne serait pas suspensif.

Reste le cas Michel Platini. Le plus complexe du lot. A l’image de son ex allié devenu son pire ennemi, le Français est suspendu 90 jours. Sa mise à l’écart devrait donc prendre fin vers le 10 janvier, assez tôt pour briguer encore la succession de Sepp Blatter. Encore faudra-t-il que le patron de l’UEFA soit autorisé à disputer la course. Et là, rien n’est moins sûr.  Un porte-parole de la commission d’éthique l’a précisé à l’AFP: “Il reviendra à la commission électorale de la FIFA d’étudier la validité” de sa candidature. Voilà donc Michel Platini placé en attente. Pas vraiment la meilleure position pour faire campagne.

Le Français savait-il, dès jeudi matin, à quelle sauce la commission d’éthique allait le manger? On peut le croire. Michel Platini avait en effet anticipé sa suspension. Il avait pris les devants en accusant “une source officielle de la FIFA” d’être à l’origine d’une “fuite délibérée qui vise à porter atteinte” à son image. “Il reviendra à une justice sereine, indépendante et impartiale de faire la lumière sur les faits qui ont valu à la commission d’éthique de la FIFA d’ouvrir une procédure d’instruction”, a expliqué le Français, assurant par ailleurs qu’il ne ménagerait pas ses efforts pour rétablir la vérité.

En attendant, la FIFA et l’UEFA s’apprêtent à changer de patrons, au moins provisoirement. Selon les statuts, l’intérim à la tête du football mondial doit être assuré par le plus âgé des vice-présidents en exercice. L’heureux élu sera le Camerounais Issa Hayatou. Bingo. A l’UEFA, l’Espagnol Angel Maria Villar, le plus “gradé des seconds de Michel Platini, sera invité à prendre la place du calife. Pas un cadeau.