— Publié le 24 juin 2015

Pour 2024, Bakou envoie la balle dans le camp du CIO

Candidatures Focus

Surprise à Bakou. Au 11ème jour des Jeux Européens, mardi 23 juin, le ministre des Sports d’Azerbaïdjan, Azad Rahimov, a évoqué les Jeux olympiques de 2024. En soi, la nouvelle a déjà valeur d’événement. Mais la teneur des propos du dirigeant azerbaïdjanais étonne encore plus. Azad Rahimov a osé un prudent “oui mais” à l’idée d’une candidature du pays. Surtout, il a envoyé la balle dans le camp du CIO.

Azad Rahimov n’a pas pour habitude de pratiquer la langue de bois. Au lendemain de l’ouverture, samedi 13 juin, il avait avoué que le spectacle de l’ouverture, très réussi, avait coûté la bagatelle de 100 millions de manats, soit environ 85 millions d’euros.

Mardi 23 juin, le ministre des Sports a poursuivi sur le même ton, franc et direct, pour évoquer une candidature de Bakou aux Jeux de 2024. “Les exigences du CIO sont aujourd’hui extrêmement élevées, a-t-il expliqué. Il serait quasiment impossible d’organiser des Jeux olympiques dans notre capitale en utilisant les installations des Jeux Européens. Le gouvernement devrait consentir des efforts financiers importants pour les mettre en conformité avec les standards olympiques.”

Azad Rahimov prend deux exemples: le stade olympique et le centre aquatique. Pour le premier, Bakou a vu grand, avec une enceinte de 68 000 places. “Mais il en faudrait 80 000 pour les cérémonies et l’athlétisme aux Jeux olympiques, ce qui est considérable”, a-t-il expliqué. Même problème avec le centre aquatique, un équipement flambant neuf, utilisé pour la première fois aux Jeux Européens. “Pour les JO, les demandes du CIO sont très élevées sur un tel site de compétition, sans garantie de lui assurer un héritage après la fin des JO.”

Le ministre des Sports joue franc jeu: il suggère qu’un pays comme l’Azerbaïdjan ne pourrait aujourd’hui se lancer dans la course aux Jeux que dans l’hypothèse où le CIO rende ses exigences plus “réalistes”. En clair, ok pour déposer une troisième candidature, après 2016 et 2020, mais à la condition que les résolutions de l’Agenda 2020 soient réellement suivies d’effet.

La position d’Azad Rahimov peut surprendre. L’Azerbaïdjan n’a jamais caché que les Jeux Européens pourraient servir de tremplin à Bakou pour se lancer dans la bataille des JO. Depuis le début de l’événement continental, vendredi 12 juin dernier, on ne compte plus les voix assurant que le pays avait prouvé avec ces Jeux Européens sa capacité à viser plus haut. CK Wu, le président de l’AIBA, membre de la commission exécutive du CIO, l’a assuré à FrancsJeux la semaine passée. Il n’est pas le seul.

Selon certaines sources proches du dossier, les autorités d’Azerbaïdjan caressaient le projet d’annoncer leur candidature au tout début des Jeux Européens, profitant de la présence à Bakou d’un grand nombre de membres du CIO. Elles y ont renoncé, après avoir été informées qu’une telle manoeuvre pouvait être jugée contraire aux règles. Il se raconte également, dans la capitale de l’Azerbaïdjan, que l’annonce pourrait intervenir ce dimanche 28 juin, au dernier jour des Jeux Européens.

Les propos du ministre des Sports laissent plutôt suggérer, désormais, que Bakou pourrait attendre avant de se lancer. Dans tous les cas, la décision finale reviendra à Ilham Alyiev, le chef de l’Etat et président du Comité national olympique.