— Publié le 16 juin 2015

“Pour la boxe, les Jeux Européens ont un retentissement mondial”

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Le tournoi de boxe des Jeux Européens a débuté ce mardi 16 juin à Bakou. Au premier rang des spectateurs, CK Wu, le président de la Fédération internationale de boxe (AIBA). Le dirigeant taïwanais, membre de la commission exécutive du CIO, sait que sa discipline a beaucoup à gagner avec cette première édition de l’événement continental. Il l’a expliqué à FrancsJeux. Et évoqué, en prime, l’avenir olympique de la capitale de l’Azerbaïdjan… et celui de Paris.

FrancsJeux: En votre qualité de président de l’AIBA, quel regard portez-vous sur ces Jeux Européens?

CK Wu: J’en suis très heureux. La boxe y est très bien représentée, avec 10 catégories de poids chez les hommes et 5 chez les femmes. Aux Jeux olympiques, nous en avons seulement 3 pour la boxe féminine. Pour la boxe, ces Jeux Européens constituent un formidable ajout au calendrier international. En plus, la Fédération européenne a fait un excellent travail en faisant venir à Bakou des athlètes d’un très haut niveau. Pour nous, ces Jeux dépassent le cadre de l’Europe, ils peuvent avoir un retentissement mondial.

Au-delà de la boxe, comment jugez-vous ces Jeux?

La cérémonie d’ouverture m’a beaucoup impressionné. Je n’en ai manqué aucune aux Jeux olympiques depuis Séoul en 1988. J’en ai donc vu beaucoup, mais celle de Bakou restera comme l’une de mes préférées. Les organisateurs ont utilisé un très haut niveau de technologie, ils ont réussi en même temps à évoquer l’esprit olympique et la culture de l’Azerbaïdjan. Et cette cérémonie était d’une parfaite longueur, ni trop longue ni trop courte.

Bakou vous semble-t-elle déjà de taille à organiser des Jeux olympiques?

Oui. Ils en sont capables. La qualité de l’organisation qu’ils ont montrée depuis le début de l’événement lève tous les doutes sur cette question. Tout est très précis. Après ces Jeux Européens, l’Azerbaïdjan peut recevoir n’importe quel événement, y compris les Jeux olympiques.

Revenons à la boxe. L’Agenda 2020 du CIO insiste sur la parité hommes/femmes aux Jeux olympiques. Est-ce une de vos priorités?

Oui. Nous travaillons au développement de la boxe féminine depuis huit ans. Jusqu’aux Jeux de Londres, la boxe était le seul sport où les femmes n’étaient pas représentées. En 2012, elles l’étaient avec 3 catégories de poids. Il s’agit d’un début, mais nous ne pouvons pas nous en satisfaire. Avec seulement ces 3 catégories au programme, la compétition est difficile pour les athlètes car les écarts de poids sont trop importants. Nous poussons pour avoir 5 catégories féminines aux Jeux de Tokyo en 2020. J’en fais l’une de nos priorités.

Vous seriez prêts pour cela à sacrifier des catégories masculines?

Non. Je suis bien placé pour savoir que le CIO cherche à faire entrer plus de disciplines sans augmenter le nombre total d’athlètes aux Jeux. C’est tout à fait normal. Mais la perspective d’une fédération internationale n’est pas tout à fait la même. Nous cherchons à obtenir une plus grande place aux Jeux pour les filles, mais cela ne doit pas se faire au détriment des garçons.

La ville de Paris devrait annoncer officiellement sa candidature aux Jeux de 2024 le 23 juin prochain. Que pensez-vous de ce projet, en votre qualité de membre du CIO?

Cette annonce sera un événement. Elle devrait attirer sur Paris et sur cette candidature une très grande attention de la part du monde entier. Il ne fait aucun doute que la France a apporté énormément au mouvement olympique, depuis son origine. Sa contribution a été fondamentale. En plus, Paris possède une solide antériorité, pour avoir tenté trois fois d’organiser les Jeux. A partir du moment où la ville de Paris annoncera sa candidature, elle deviendra sur le champ un postulant extrêmement fort.

Les porteurs du projet de Paris 2024 ont longtemps attendu avant de se lancer. Etait-ce une bonne stratégie?

Certainement. Ils ont voulu prendre tous les paramètres en considération et se livrer une longue évaluation. Ils ont eu raison. Ils vont maintenant annoncer leur candidature le 23 juin, journée olympique internationale. Une date très bien choisie. Pour le CIO, ce choix aura une grande signification.