— Publié le 26 mai 2015

‘Pas de meilleur timing pour Pékin 2022’

Candidatures Focus

Pékin et Almaty se préparent, chacune de leur côté, pour l’avant-dernière étape avant le vote du CIO pour la ville-hôte des Jeux d’hiver en 2022. Les deux candidatures se rendront à Lausanne pour un “briefing” du CIO, mardi 9 et mercredi 10 juin 2015. L’ultime obstacle à surmonter avant la présentation finale, le 31 juillet à Kuala Lumpur. A quelques jours de se rendre à Lausanne, le vice-président de Pékin 2022, et vice-maire de la capitale chinoise, Zhang Jiandong, a répondu aux questions de FrancsJeux.

FrancsJeux: Qu’attendez-vous du briefing organisé par le CIO pour les villes candidates, les 9 et 10 juin à Lausanne?

Zhang Jiandong: A moins de trois mois du choix par le CIO de la ville-hôte des Jeux de 2022, l’équipe de Pékin 2022 travaille sans répit en se concentrant sur la présentation à Lausanne les 9 et 10 juin, aussi bien que sur celle de Kuala Lumpur le 31 juillet. A ce stade, nous pouvons dire que tout avance très bien et que nous sommes très satisfaits par tout ce qui a déjà été accompli. Nous avons conçu notre candidature autour d’un triple concept: des Jeux centrés sur les athlètes, durables et économiques. Nous avons suivi les exigences techniques du CIO, et nous avons pleinement profité de notre héritage olympique et de notre expérience dans l’accueil des grands événements sportifs. Dans le même temps, nous avons proposé des idées suggérées par des experts et des athlètes, chinois aussi bien qu’étrangers. Nous sommes confiants dans notre ambition de convaincre les membres du CIO que la ville de Pékin représente le meilleur choix pour les Jeux d’hiver en 2022.

Le briefing du CIO, le mois prochain, constitue-t-il à vos yeux une étape décisive?

Toutes les étapes du processus de candidature sont importantes, à leur façon. Le briefing du CIO constitue une chance pour les villes candidates de présenter leur vision, leur concept et leurs capacités techniques devant le CIO et les fédérations internationales. Nous sommes conscients de l’importance de réaliser une présentation qui soit tout à la fois solide techniquement et capable de mettre en avant les atouts de notre candidature.

Qu’attendez-vous du rapport de la commission d’évaluation du CIO, après sa visite à Pékin au mois de mars dernier?

Après sa visite à Pékin, la commission d’évaluation du CIO a confirmé que les Jeux d’été en 2008 avaient laissé un héritage profond dans notre ville. Elle a aussi très clairement montré qu’elle appréciait les forces de notre dossier, à commencer par les temps de transport très réduits dans chacune des trois zones olympiques (5 à 15 minutes de trajet entre le village des athlètes et les sites de compétition), l’utilisation massive d’installations existantes, et l’héritage que les Jeux laisseraient pour les populations locales. Nous attendons de la publication de son rapport, au mois de juin, une analyse précise de ce que Pékin peut offrir, présentant une vue objective et des suggestions constructives qui nous permettront d’organiser une édition inoubliable des Jeux d’hiver olympiques et paralympiques.

L’adoption par le CIO de l’Agenda 2020 a-t-elle influencé votre candidature et votre campagne?

L’Agenda 2020 a joué un rôle crucial dans notre candidature, depuis le tout début du processus. Par exemple, le projet de Pékin 2022 colle parfaitement aux recommandations de l’Agenda 2020 en jouant à fond sur l’héritage des Jeux de 2008, non seulement en termes de sites de compétition, mais également d’infrastructures et de compétences humaines.

L’Agenda 2020 insiste sur la nécessité de réduire les coûts. Quel est votre budget de candidature? En cas de victoire, quel serait le budget des Jeux d’hiver en 2022?

Le budget de la candidature s’élève à 30 millions de dollars (environ 27,4 millions d’euros). Une somme qui se décompose en deux: 11,25 millions de dollars pour la phase 1 (ville requérante), puis 18,75 millions de dollars pour la phase 2 (ville candidate). Si le CIO nous accorde le droit d’organiser les Jeux, le budget du comité d’organisation (OCOG) s’élèvera à un peu plus d’un milliard et demi de dollars (1,558,160,400 US$). Les autres dépenses liées aux Jeux se monteront à une somme très comparable (1,511,400,000 US$).

La pollution constitue, de l’avis général, un point faible de votre dossier de candidature. Comment comptez-vous régler ce problème?

Le comité de candidature travaille en étroite collaboration avec les autorités de Pékin, Yanqing et Zhangjiakou pour assurer aux athlètes les meilleures conditions pendant les Jeux de 2022. Mais la question de la pollution constituait une priorité de ces pouvoirs publics bien avant que naisse l’idée de Pékin 2022. Elle est une priorité du gouvernement chinois. Le Bureau municipal de Pékin pour la protection de l’environnement a mis en place des mesures, en début d’année, pour diminuer la pollution dans l’air et répondre aux standards officiels d’ici à 2022. Des moyens importants y sont consacrés. Ils devraient atteindre environ 8 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Mais ces mesures ne sont pas directement liées aux Jeux d’hiver de 2022.

Comment comptez vous, en cas de succès, donner à Pékin une ambiance de Jeux olympiques d’hiver?

Le timing de cette candidature ne peut pas mieux tomber. La culture des sports d’hiver est en train de s’implanter en Chine. Au Nouvel An chinois, cette année, 1,5 millions de touristes se sont rendus dans les stations de ski de Zhangjiakou, une hausse de 25% sur l’ensemble de l’année. La fréquentation des stations de Wanda Changbai Mountain Ski, dans la province de Jilin, est passée 150,000 personnes l’an passé à 240,000 cette saison. Au cours de la dernière décennie, environ 400 stations de ski ont été construites dans le pays. Dans le même temps, la Chine organise désormais de plus en plus d’événements sportifs internationaux dans les sports d’hiver. Ils attirent un grand nombre de spectateurs. Pour reprendre les mots de notre Président, Xi Jinping, organiser les Jeux en 2022 pourrait “inspirer 300 millions de chinois à se mettre aux sports d’hiver.”