— Publié le 7 novembre 2014

« Hollande a levé les doutes sur le projet Paris 2024 »

Candidatures Focus

François Hollande est favorable à une candidature de Paris aux Jeux d’été en 2024. Le chef de l’Etat l’a déclaré sans ambiguïté, jeudi 6 novembre, en direct sur TF1 et RTL. “Je suis favorable à ce que la ville de Paris, si elle le décide, présente sa candidature pour les Jeux olympiques de 2024, a affirmé François Hollande. C’est très important parce que ça sera un moment de ferveur et surtout ça fera plein d’équipements avant, plein d’emplois, plein d’industries qui pourront se montrer.”

Voilà qui est dit. La déclaration du chef de l’Etat français intervient deux jours seulement après la présentation par Bernard Lapasset, le patron du Comité français du sport international (CFSI), et Denis Masseglia, le président du CNOSF, des premiers résultats de l’étude d’opportunité menée par le mouvement sportif français sur une éventuelle candidature de Paris. Elle lève clairement les doutes sur le soutien des pouvoirs publics au projet olympique de la capitale.

Présent à Bangkok, où se tient actuellement l’Assemblée générale de l’Association des comités nationaux olympiques (ACNO), Denis Masseglia a accueilli la prise de position du Président de la République avec satisfaction. Il l’a expliqué à FrancJeux.

FrancsJeux: Comment réagissez-vous à la déclaration de François Hollande assurant de son soutien le projet Paris 2024?

Denis Masseglia: Elle était attendue. François Hollande avait pris position en faveur de la candidature française dès les Jeux de Londres en 2012. Nous n’avons jamais douté de son engagement dans ce projet. Il voit que le mouvement sportif avance, même si les travaux de l’étude d’opportunité ne sont pas tout à fait terminés. Sa déclaration a le mérite de lever les doutes nés ici ou là sur la réalité de cette ambition olympique.

Que vous apporte concrètement le soutien du chef de l’Etat?

Nous en sommes très heureux, évidemment. Sa déclaration en faveur de la candidature nous conforte, nous renforce et nous motive. Elle montre que nous travaillons en synergie avec le gouvernement et avec les collectivités. Elle définit aussi un sentiment unitaire. Si demain nous sommes candidats, cela voudra dire que la France veut les Jeux. Mais nous ne sommes pas encore en phase de prise de décision sur la candidature.

Quand sera-t-elle prise?

Rien n’a changé sur cette question. Nous présenterons au gouvernement les conclusions de notre étude d’opportunité au mois de janvier. Pour une décision définitive au cours de l’été 2015.

Il est beaucoup question du coût des Jeux olympiques, dans les débats actuels sur l’opportunité d’une telle aventure…

Les Jeux d’été à Paris seraient beaucoup moins chers que ceux qui ont eu lieu récemment dans certains pays. En termes d’équipements sportifs, Paris est déjà très bien doté. En construire quelques-uns supplémentaires ne constituerait pas une dépense considérable. Quant au reste, les transports, les équipements lourds, le programme serait à prévoir dans le cadre du Grand Paris 2024/2028. Et puis, peu de gens en parlent et beaucoup l’ignorent, mais le CIO contribue largement au financement de l’organisation des Jeux. Il va donner 1,5 milliard de dollars à Rio pour les frais d’organisation des Jeux de 2016.

Anne Hidalgo, le maire de Paris, ne semble pas partager le même enthousiasme que François Hollande…

Nous ne sommes pas du tout dans une démarche d’opposer les uns aux autres. Anne Hidalgo se pose des questions sur certains sujets très précis. C’est légitime. Nous allons attendre l’Assemblée générale du CIO du mois de décembre, où doit être décidée une réforme du processus de candidature, avant d’aller la voir et répondre à ses interrogations. Les Jeux peuvent réellement constituer un accélérateur de tous les projets de Paris en matière de sport, pour le haut niveau, mais également pour la pratique sportive. Les Jeux doivent servir la société française, dont la ville qui les organise.